L'Atelier accueillait 200 personnes par mois: insuffisant selon le nouveau président du Conseil général de l'Oise. © DR

A Beauvais, un an de fablab et puis s’en va

Commentaires

  • castoch

    C’est juste aberrant autant d’investissement qui vise l’innovation ouvert et qui permet l’accroissement des connaissance partager et des lieux ouvert à tous (Garantissant la flexibilité de l’emploi et la création d’idée nouvelle) qui ferme une fois qu’il c’est fait connaître et que l’État à investit afin de laisser les machines a des charognard qui vont profiter de la fermeture pour utiliser ces mêmes machine a des fins privé et d’entreprise. Merci l’austérité … ou plutôt devrons nous dire la régression social

  • juliendorra

    «Un fablab n’a de raison d’exister que s’il fournit des services (formation, entrepreneuriat, production, etc.) pour des acteurs identifiés (individus, entreprises).»

    Cette vision servicielle n’est pas absurde mais… elle fait complètement passer à l’arrière plan la question du Produire Ensemble, et est peut-être même être une des racines de l’échec des fablab instrumentalisés par telle institution ou tel territoire.

    Sous l’angle des communs de la connaissances, la question se transforme et devient «que va t-on produire ensemble qui appartient à tous dans ce lieu» au lieu de «à qui va-t-on rendre service».

    Les communs de la connaissance me semblent une vision nécessaire, à la base même de l’idée de fablab : Quel partage de fichiers ? Quelle contribution aux communs des personnes qui passe rapidement ? Ces questions méritent d’être mise en avant et travaillées avec les institutions publiques quand on parle de Fablab, y compris face à des décideurs qui veulent plaire à leurs électeurs.

    C’est une alternative / un complément à la vision purement servicielle — le serviciel évacue bien vite le rapport au collectif pour des rapports uniquement individualisés, un vers un. Le pure serviciel semble plus efficace, plus facile à vendre et plus « startup-esque », mais il ne créé pas de patrimoine commun, il privatise des fonds public et mets les utilisateurs en position de passivité («Les utilisateurs de l’Atelier, eux, s’impatientent de son retour.»)

    • Franck Burdeyron

      Je ne connais ni le lieu, ni le contexte politique … ce qui ne me permet pas d’exprimer un avis sur le fond de ce choix de fermeture. Et je partage tout à fait l’idée que l’on ne peut simplement penser un fablab selon son équilibre d’exploitation lié à une approche exclusivement servicielle. Il n’empêche qu’une approche qui part des enjeux terrioriaux auxquels on souhaite répondre (soutien à l’entrepreunariat, évangélisation autour de la fabrication numérique, création de communs de la connaissance, …) conditionne les publics que l’on va toucher, les services (marchands ou non marchands relevant plutôt de logique de services publics) que l’on va leur proposer et donc le modèle économique que l’on va bâtir et qui s’appuiera plus ou moins (voir pas du tout) sur des financements publics. Sans compter la concurrence déloyale que peut créer le mix services marchands / financements publics. Il n’y a donc pas de modèle miracle, que l’on pourrait décliner d’un territoire à l’autre mais bien un réflexion territoriale à conduire. En ce sens, le fait de partir des publics que l’on souhaite servir me parait tout à fait conseillé pour concevoir des projets pérennes dans le temps. Et il y a nécessité – et urgence – de penser les externalités positives de ces dispositfs qui peuvent être multiples: économiques, sociales, en terme de rayonnement territorial, d’attractivité, … mais aussi les éventuelles externalités négatives (l’une d’entre elles, en plus de la concurrence déloyale évoquée précédemment, pourrait être liée à l’argent public engloutit sans retombées territoriales concrètes)

  • Fablab le Havre

    Bonjour à tous.
    En tant que président du LH3D fablab je souhaitais apporter mon point de vue sur le sujet du « modèle économique » d’un fablab.

    Effectivement, nous sommes à la recherche du modèle économique et du statut juridique qui colle le mieux à notre activité. Nous ne faisons pas encore partie de ces fablab’s accompagnés financièrement par les collectivités.

    C’est un fait : un fablab n’est pas lucratif s’il respecte la charte des Fablab’s. J’irai même plus loin, je dirait que le fablab est une structure financièrement déficitaire. Attention je ne dit pas que le fablab est un gouffre à pognon qui ne sert à rien. Nous sommes des structures qui transforme du capital financier et immobilisé en :
    – Communauté
    – Idées
    – Projets
    – Entreprises
    – …

    Ce sont des objectifs que nos décideurs politiques ont du mal à appréhender. Cependant nous faisons de notre mieux pour proposer ce service de fablab au plus grand public possible. Il serait peut être un peu rapide de qualifier ce service de service public, mais dans mon idéal ce serait un service public.

    Cependant, un projet de structure déficitaire, nouveau et qui plus est difficile à appréhender, ne réjouit pas les collectivités. Nous avons donc proposé à nos utilisateurs de répondre aux demandes des entreprises plutôt que de payer des adhésions. Cela nous permet de « survivre » et d’améliorer notre matériel, etc etc.
    En plus de cela nous avons constaté des conséquences que nous avions pas prévues. Ces entreprises se sont investies dans la démarche collaborative et sont devenues des « adhérents » à part entière et apportent leur savoirs faire, leurs moyens, leurs visibilité … Ces entreprises deviennent des investisseurs pour les projets, des recruteurs pour les personnes en réinsertion et les étudiants.

    Je tiens à préciser que nous ne sommes pas un fablab privé, ni gangrené par un partenaire qui nuit à notre activité. Pour éviter cela, nous considérons la voix d’une entreprise égale à celle d’un adhérent. Nos contrats sont réalisés de façon à privilégier l’activité associative à l’activité professionnelle, même si celles-ci sont complémentaires.

    Ceci n’est pas une leçon de morale, c’est simplement notre vision, à propos de notre fablab, dans son contexte actuel. On le sait tous, ce n’est pas en réussissant qu’on apprends, c’est en échouant. C’est pour cette raison que serait ravi de recueillir d’avantage de retours d’expérience à propos de ces fablab’s qui n’ont pas pu survivre car ce sont les expériences les plus enrichissantes.

    Lembicz Boris,
    Président du LH3D fablab implanté au Havre.
    boris@lh3d.fr
    http://www.lh3d.fr