Ljubljana : une assemblée des sols à Festivities Under Siege
Du 20 au 22 mai, Soil Assembly a rejoint des artistes, des activistes et des praticien·nes de la culture à l’occasion de « Festivities Under Siege », à Krater, à Ljubljana, en Slovénie. Cette rencontre a réuni Practice Matters, Future DiverCities et Soil Assembly afin d’explorer les formes de résistance, de solidarité et de fabrication collective de mondes au sein des crises imbriquées qui traversent notre présent, en portant une attention particulière aux contextes urbains délaissés et aux ruines anthropogéniques. À travers des discussions et des pratiques partagées, les participant·es ont réimaginé le care et la relationalité comme des engagements culturels et écologiques actifs.
Bitsy KnoxSoil AssemblySoil Assembly est un réseau international en expansion dédié au développement d’une culture de la santé des sols à travers des pratiques artistiques, scientifiques et communautaires. Soutenue en 2026 par le projet SoilTribes, financé par l’Union européenne, l’édition européenne de Soil Assembly se déploie sous la forme d’une série décentralisée d’assemblées régionales à travers l’Europe. Réunissant artistes, paysan·nes, chercheur·euses, éducateur·ices, activistes et communautés locales, l’initiative explore de nouvelles pédagogies ainsi que des méthodes participatives visant à comprendre et à régénérer les sols. Le cycle 2026 comprend des assemblées dans la région de Kyiv, à Ljubljana, Amsterdam, Münster, Berlin et en Bretagne, avant de culminer dans une rencontre internationale hybride organisée à Spore Initiative à Berlin en janvier 2027.
À travers des ateliers, des performances, des activités de science citoyenne et des processus d’apprentissage collectif, Soil Assembly entend renforcer les collaborations transdisciplinaires et favoriser l’émergence de nouveaux imaginaires pour habiter les sols et en prendre soin. En articulant des expériences situées à des perspectives globales, Soil Assembly contribue à un mouvement plus large en faveur de la résilience écologique, de la transformation culturelle et d’un engagement démocratique autour des devenirs des sols.
La seconde assemblée régionale de la série a eu lieu le 22 Mai à Krater à Ljubljana, Slovénie, dans le cadre plus large de l’événement « Festivities Under Siege », en abordant les contextes urbains négligés ainsi que les ruines anthropogéniques, et en envisageant le sol non seulement comme une ressource matérielle, mais aussi comme un lieu de négociation politique, écologique et collective.
Correspondance,
Durant trois journées à la fin du mois de mai, Soil Assembly a rejoint au Krater, à Ljubljana en Slovénie, un groupe hétérogène composé d’artistes, d’activistes, d’anthropologues, d’architectes, de commissaires d’exposition, de designers, d’écologues, de paysagistes, de juristes, de pédagogues et de théoricien·nes de la culture venus de six continents, à l’occasion de Festivities Under Siege : une conférence consacrée aux modes de résistance et aux pratiques de fabrication de mondes au sein des polycrises contemporaines. Si Festivities Under Siege est initié par Danica Sretenović et Gaja Mežnarić Osole du collectif Krater, l’événement articule et met en résonance trois structures organisationnelles interdépendantes : Practice Matters, Future DiverCities et Soil Assembly. Ensemble, nous avons partagé des stratégies visant à mettre en œuvre des formes de care, de relationalité et de solidarité dans les pratiques culturelles et écologiques — des termes trop souvent réduits au statut de jargon ou d’euphémismes, mais qui retrouvaient ici la portée générative la plus féconde de leurs significations.

Lors de la conférence, Soil Assembly a articulé son travail autour de deux axes de recherche étroitement tressés : d’une part, prolonger le travail engagé par Trajna — structure dont est issu Krater — sur la remédiation des plantes invasives, à travers des échanges avec des projets partenaires et des collaborateur·ices ; d’autre part, retracer les conséquences matérielles des cadres administratifs liés aux sols, notamment à travers une enquête historique sur les héritages politiques et les imaginaires culturels attachés au sol. En mobilisant des financements destinés à une recherche portant sur la manière dont les politiques publiques, les usages du territoire et les pratiques de construction non régulées façonnent le développement urbain de Ljubljana, cette investigation a ouvert de nouvelles pistes pour penser et travailler le sol en contexte urbain. Plus particulièrement, l’itération locale de Soil Assembly à Ljubljana a mis en avant des approches non extractivistes et anticoloniales de la production alimentaire et des pratiques liées au sol, en les traduisant sous forme de présentations situées et d’ateliers pratiques et sensibles, envisageant le sol non seulement comme une ressource matérielle, mais aussi comme un espace de négociation politique, écologique et collective.
Krater est implanté sur un « chantier en attente » de 1,8 hectare : une ancienne caserne militaire encore administrée par le ministère slovène de la Justice. Resté largement à l’abandon pendant près de trente ans, le site a progressivement été réinvesti par les dynamiques du vivant, devenant au fil du temps un habitat partagé par une multiplicité d’espèces humaines et plus-qu’humaines. Des bosquets de robiniers côtoient des sanctuaires de marronniers adultes ; une austère gravière de douze mètres de profondeur (le « cratère ») s’est transformée en une forêt naissante de bouleaux et de pins ; tandis qu’une riche diversité d’oiseaux, d’insectes et de reptiles prolifère parmi les fraisiers sauvages, les framboisiers et les renouées du Japon. Alors que les espèces endémiques et invasives reconfigurent continuellement le biotope de Krater, le collectif humain qui l’habite déploie un travail discursif, expérimental et matériel constant afin d’en assurer la préservation autant que de défendre les conditions mêmes de son existence. Krater constitue ainsi un espace vivant de rencontres multi-espèces, tout en demeurant sous la menace permanente d’une possible « extinction » provoquée par le spectre du réaménagement urbain.
À rebours du cadre sédentaire propre à la plupart des conférences, Festivities Under Siege se caractérisait par une forte dimension ambulatoire, se déroulant presque entièrement en extérieur, ce qui conférait à nos activités une immédiateté et une matérialité sensibles. Installé·es au milieu des sous-bois tachetés de lumière, ou déambulant à travers les espaces verts et les chantiers voisins, nous avons partagé non seulement ce que nous faisons, mais aussi les manières dont nous persistons malgré l’intensification des contraintes financières et politiques. La diversité des pratiques réunies dans le cadre de Festivities Under Siege témoignait de la portée internationale de Krater, tout autant qu’elle révélait les urgences à l’œuvre : avec l’élection récente d’un gouvernement d’extrême droite en Slovénie, de nouvelles menaces pèsent sur les financements culturels, tandis que se renforce le soutien à des formes corporatisées de développement urbain. L’avenir de Krater — à l’instar de nombreux espaces autonomes à travers le monde — apparaît désormais plus incertain que jamais. Nombre de présentations et de tables rondes de la conférence se sont ainsi attachées à penser cette menace, en explorant des stratégies financières, juridiques, réglementaires et organisationnelles susceptibles d’assurer un soutien durable aux initiatives culturelles et écologiques indépendantes.

Organiser les communs
Au cœur de ces discussions se trouvait « Organising Commonalities » (organiser les communs), une table ronde organisée par Practice Matters — une collaboration entre Magnus Ericson, commissaire d’exposition et pédagogue à IASPIS Stockholm, et Eylül Şenses, programmatrice à SALT Istanbul — qui interroge la manière dont l’art, l’architecture, le design et les pratiques spatiales peuvent répondre aux crises globales contemporaines. Accueilli au sein du Abandoned Plants Sanctuary de Krater — une initiative consacrée au soin des plantes en pot abandonnées, portée par Anamari Hrup et Eva Jera Hanžek —, l’échange réunissait également Laëtitia Manach, spécialiste des politiques culturelles basée au Royaume-Uni, ainsi que la commissaire d’exposition et chercheuse Merje Laiapea, autour d’une série de présentations consacrées aux pratiques régénératives dans le champ culturel.
Ensemble, elles et ils ont présenté des méthodologies visant à soutenir des formes de mise en commun entre communautés locales et initiatives socioculturelles, que Manach a analysées à travers la distinction entre pratiques organisationnelles « silencieuses » — administration, médiation et expérimentation — et pratiques « sonores » — croissance, partenariats et plaidoyer. Laiapea a, quant à elle, insisté sur l’importance des pratiques capables de cultiver un « sol social » : la qualité de nos relations et de notre attention collective, permettant aux communautés de reconfigurer le champ du possible. Dans ses remarques conclusives, elle soulignait avec justesse que « pour soutenir la culture dans une perspective régénérative, les politiques publiques doivent se défaire d’une logique exclusivement fondée sur la production et la consommation, et apprendre à nourrir les processus invisibles ».

La table ronde s’est ensuite élargie afin d’accueillir Pan Tzannetakis, membre de Khora, une communauté autonome de solidarité avec les réfugié·es basée à Athènes ; Ludovica Battista, architecte dont les recherches s’articulent autour de Terra Nostra, un commun libéré autogéré situé à Casoria, près de Naples — une région surnommée la « terre de feu » en raison de sa contamination toxique ; les sœurs Jelena et Nataša Prljević, à l’origine des initiatives interconnectées Četiri Vode (Four Waters) et Hekler entre New York et la Serbie ; ainsi que Lisa Birgand, médiatrice culturelle à La Friche la Bel de Mai à Marseille. Chacun·e des intervenant·es a partagé des études de cas portant sur la construction d’infrastructures socioculturelles et écologiques au sein de communautés locales, proposant des contre-modèles nuancés face aux formes infrastructurelles traditionnelles.
Ce qui est en jeu pour ces praticien·nes relève de l’autonomie : non seulement celle des organisations qu’iels représentent, mais également celle des communautés qu’elles soutiennent en retour. Toute stratégie culturelle commence par le sol sur lequel elle prend forme, ainsi que par la multiplicité des voix qu’il contient. Afin de survivre, soulignait Şenses dans ses remarques finales, une infrastructure culturelle doit être à la fois ancrée dans des réalités locales et inscrite dans des réseaux de connexions internationales.
Méditation sur l’entretien du paysage
Lors de la dernière journée des festivités, l’artiste Debra Solomon et la chorégraphe — ainsi que résidente de Krater — Mathilde Vrignaud ont conduit un groupe de participant·es à travers une méditation sur l’entretien du paysage, en tondant le parc du Musée d’architecture et de design. Cette intervention a été suivie de présentations de l’avocate spécialisée en droit de l’environnement Sabina Rodríguez van der Hammen, de Ludovica Battista et du juriste Jure Tuš, consacrées aux stratégies juridiques permettant de protéger les espaces collectifs et écologiques.
L’instabilité politique croissante rend ces stratégies légales d’autant plus urgentes, notamment dans un contexte où les gouvernements autoritaires tendent de plus en plus à appliquer de manière sélective les cadres réglementaires et les politiques de dérégulation. Ces préoccupations avaient déjà été abordées plus tôt dans la semaine par l’architecte brésilienne basée à Stockholm Tatiana Pinto, qui avait présenté des méthodes de cartographie des rapports de pouvoir à l’œuvre dans les dynamiques de développement et d’investissement immobiliers. Depuis le « Non-Aligned Park » voisin, Božena Stojić et Jovana Timotijević, du collectif Ministère de l’Espace (Ministarstvo prostora), ont quant à elles évoqué les mobilisations citoyennes de terrain à Belgrade visant à défendre les quartiers et les espaces communs contre les logiques d’aménagement urbain, en mobilisant les modèles de propriété collective et de prise de décision hérités de la Yougoslavie socialiste comme ressources pour les luttes contemporaines de défense des terres.

De fait, la mémoire culturelle — ainsi que les manières dont la nature peut être pensée comme partie intégrante du patrimoine culturel — a traversé l’ensemble de la conférence, inscrivant nos activités dans les histoires sociopolitiques continuellement en devenir de la région : depuis l’histoire de la résistance antifasciste à Ljubljana jusqu’au socialisme de la « troisième voie », puis au conservatisme néolibéral contemporain. L’après-midi du deuxième jour des festivités, par exemple, nous nous sommes rendu·es à la bibliothèque de Bežigrad, où l’architecte et chercheuse Gabriela de Matos nous a rejoints depuis São Paulo pour une conférence en ligne consacrée à ses recherches sur l’histoire et l’avenir des architectures afro-brésiliennes et décoloniales.
À partir de là, la commissaire d’exposition et historienne de l’art Zdenka Badovinac nous a guidé·es à travers plusieurs sites façonnés — ou informés — par l’héritage de l’ancien mouvement des Non-Alignés yougoslave : un monument dédié aux combattant·es de la résistance antifasciste ; un ancien stade conçu par l’architecte slovène Jože Plečnik ; ainsi que le lieu localement surnommé « Non-Aligned Park ». Faisant écho aux analyses de de Matos sur la nécessité simultanée d’opacité et de visibilité dans les architectures marginalisées, les histoires locales relatées par Badovinac existent souvent sans nom stable ni identité figée, tout en demeurant exemplaires d’une audacieuse tentative d’imaginer des futurs alternatifs.
Ces histoires vivantes et stratifiées se sont rendues plus saisissantes encore lorsque nous nous sommes retrouvé·es, au coucher du soleil, sur le chantier déserté d’un complexe de condominiums de luxe. Là, des fragments de céramique et de structures métalliques mêlés au gravier constituaient une sorte de mémorial matériel dédié à un centre communautaire de danse et d’activités collectives récemment détruit. Ce terrain est alors devenu la scène du rituel de deuil conçu par Pan Zannetakis et la designer Anna de Mezzo, au cours duquel les participant·es ont partagé leurs expériences de perte et de déplacement au sein de leurs propres écologies socioculturelles et politiques : un mentor disparu, une forêt nourricière communautaire, ou encore les oliviers de Palestine et du Liban, entre autres.
Sols anthropogéniques
Lors de la dernière journée de Festivities Under Siege, Soil Assembly a organisé trois événements consacrés aux attitudes systémiques et aux pratiques de soin envers les sols. Dans la matinée, Andrej Koruza, membre de Krater, et l’anthropologue Enja Grabrijan ont animé une série d’ateliers dédiés à la régénération des sols. Grabrijan a proposé une réflexion sur les rapports anthropocentriques au sol à partir d’une perspective à la fois affective et linguistique, mettant en lumière des modes historiques de gestion fondés sur la peur de l’inconnu, de la décomposition et des formes de vie invisibles.
Cette intervention a conduit, de manière particulièrement cohérente, à un atelier dynamique animé par Koruza autour de l’utilisation de la renouée du Japon invasive comme biomasse dans la fabrication d’un engrais organique à base de son Bokashi — un matériau traditionnel japonais de compostage contenant des bactéries lactiques, des micro-organismes et des levures, favorisant la décomposition rapide des matières végétales.

Le traitement de la renouée du Japon par Krater constitue un exemple particulièrement révélateur de son approche régénérative de l’écologie des sols : ici, la réputation de cette plante comme espèce invasive vorace se voit déplacée par son appropriation comme matière première destinée à la production alimentaire, à la fabrication d’engrais, de teintures et de papier. Plutôt que de recourir à une logique de « abattis-brûlis » visant à éradiquer les espèces dites invasives au nom d’une efficacité anthropocentrée, Krater envisage une relation fondée sur la critique, la relationalité et une régénération non extractiviste.
Ainsi, aux côtés d’enfants — et, de manière quelque peu incongrue, des deux plus anciens vétérinaires de Slovénie — notre groupe s’est attelé à l’arrachage de la renouée (en prenant soin d’éliminer avec précaution ses racines propagatrices), avant de la découper en morceaux, de la mélanger au Bokashi puis de la tasser dans des contenants, le tout en chantant des chants de travail rythmiques issus de nos différentes terres d’origine.
Plus tard dans l’après-midi, nous nous sommes rassemblé·es dans le quartier de la gare centrale de Ljubljana, où est actuellement en cours de construction Emonika — un vaste projet de réaménagement urbain présenté comme « durable », porté conjointement par les autorités municipales et des investissements privés. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu « The Earth: Stolen and Reclaimed », une marche sonore guidée par les architectes Tina Božak et Altan Jurca Avci, en collaboration avec Julia Udall, chercheuse en architecture et fondatrice de Sonic Acts of Noticing.
Équipé·es de casques audio sans fil, nous avons écouté Božak et Avci déployer le récit d’Emonika depuis la perspective de l’exploitation systémique des terres et des sols, retraçant l’histoire du développement urbain et ferroviaire de la ville jusqu’aux pratiques clandestines et non régulées de déversement de terres excavées à la périphérie de Ljubljana. Tout au long du parcours, des microphones d’ambiance sans fil et des géophones partagés entre les participant·es composaient un paysage sonore urbain aléatoire : la plainte mécanique des grands chantiers et du trafic routier se voyait ponctuellement interrompue par les textures microscopiques du vivant végétal environnant, ainsi que par les questions fugitives des participant·es accompagnant notre traversée.

À la tombée de la nuit, NotNot Atelier — une collaboration entre Andrea Steves et Aki Namba, dont la pratique interdisciplinaire explore les relations entre alimentation, écologie et systèmes de savoirs à travers des formats participatifs mêlant art, pédagogie et enquête collective — a présenté « Off The Books Tasting ». À partir de cartes d’ingrédients, de lectures collectives et de dégustations, les participant·es ont retracé les contextes coloniaux et politiques inscrits dans les aliments que nous consommons, mobilisant les taxonomies du natif et de l’invasif afin de reconfigurer les manières de penser l’alimentation, la production des savoirs et les histoires écologiques.

Cet événement de clôture constituait une manière particulièrement juste de condenser les multiples urgences traversant Festivities Under Siege, tout en les replaçant en relation avec le sol — ce substrat en transformation permanente, qui reconfigure continuellement le paysage urbain autant qu’il en est lui-même reconfiguré. Les méthodologies extractivistes mobilisées par les pouvoirs publics et les acteurs corporatifs dans les projets dits de « régénération urbaine », tels qu’Emonika, tendent trop souvent à ignorer les temporalités lentes et les processus relationnels nécessaires au soin non seulement des sols et des micro-organismes essentiels qu’ils abritent, mais également des formes de vie humaines et plus-qu’humaines qu’ils rendent possibles.
La mission officiellement attribuée à Krater — du moins selon le ministère slovène de la Justice — consiste à gérer les espèces invasives dans le centre-ville de Ljubljana. Pourtant, la véritable portée de Krater est bien plus vaste : le lieu constitue un foyer d’expérimentation et un signal d’espoir pour les écologies férales et les initiatives culturelles indépendantes à l’échelle mondiale.
Alors que nous faisions, ce soir-là, nos adieux — non sans réticence — aux participant·es et organisateur·ices de Festivities Under Siege, une image issue du « Carneval » du premier jour de la conférence m’est revenue en mémoire. Les participant·es étaient alors invité·es à déambuler dans Krater afin de découvrir la multiplicité des activités qui s’y déploient. Le long d’un sentier forestier, Danica Sretenović surgissait des broussailles pour formuler, au mégaphone, une alternative galvanisante aux politiques extractivistes néocoloniales et néolibérales. « Nous devons revendiquer notre monde », lançait-elle. « Nous ne sommes pas marginaux, nous sommes matériels, nous existons. Ce n’est pas le futur que nous attendons, c’est le présent. »

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