A la Biennale de Kochi, une assemblée des sols située, pour le temps présent
Publié le 16 mars 2026 par Neal White
Alors que la Biennale de Kochi-Muziris s’achève, l’artiste et commissaire Neal White revient sur la dernière édition de Soil Assembly, qui s’est tenue du 20 au 25 janvier dans le cadre de la 6e édition de la Biennale, intitulée « For the Time Being ».
La troisième Soil Assembly s’est tenue à la Biennale de Kochi-Muziris au Kerala en Inde du 20 au 25 Janvier 2026. La Biennale, désormais internationalement reconnue et qui présentait sa sixième édition, se tenait sous la direction curatoriale de Nikhil Chopra et de HH Art Spaces, un collectif d’artistes de Goa. Leur projet se présentait comme « une invitation à adopter le processus comme méthodologie, et à faire des économies de l’amitié, qui nourrissent depuis longtemps les initiatives menées par des artistes, le véritable échafaudage de l’exposition ». L’événement Soil Assembly était invité dans le cadre du programme officiel de la Biennale, et nous tenons à remercier tout particulièrement Mario D’Souza de HH Art Spaces ainsi que son équipe à la Biennale pour leur soutien. Soil Assembly #3 a été organisée par Meena Vari (Udumbanchola Circle, Inde), Maya Minder (Hackteria, Suisse), Ewen Chardronnet (rédacteur en chef de Makery), et Neal White (directeur au centre CREAM de l’Université de Westminster et auteur de cet article) – les « Groundmakers » de Soil Assembly. Ils étaient également soutenus par Rustam Vania (Srishti Manipal Institute de Bangalore), Vivek Vilasini (Udumbanchola Circle) et Nora Hauswirth (Tera Kuno) pour la modération des sessions et la facilitation de l’événement. Nous souhaitons également remercier Ravi Agarwal et Shared Ecologies, un programme de la Shyama Foundation, pour leur soutien vital des activités parallèles et du travail curatorial collaboratif.

Le sol comme connecteur culturel
A travers ses précédentes actions enracinées, en Inde (Soil Assembly #1 à la Biennale de Kochi-Muziris 2022) et en Equateur (Soil Assembly #2 en 2025), le projet Soil Assembly s’est également construit sur l’amitié et la collaboration, visant à réunir un grand nombre d’artistes, d’agriculteurs, d’éducateurs et de curateurs pour stimuler des échanges dynamiques et vivants avec les publics et les étudiants. Le mot valise que créé la jonction de « sol » et « assemblée » incarne cette idée d’économie de l’amitié et pour sa troisième édition et la Biennale, le programme valorisait les sols à la fois comme connecteurs culturels, comme enracinements communs, et comme sujets vivants, pour questionner les futurs multi-espèces soumis aux pressions climatiques et hydriques.

L’idée à l’origine de la création de Soil Assembly, il y a trois ans, était relativement simple : organiser un événement offrant un espace pour explorer l’art et les relations des artistes avec les sols. Le thème commun des sols s’était imposé suite à une discussion de groupe lancée par Rob La Frenais – faisant suite à ses interventions en tant que professeur invité à l’Institut d’art et de design Srishti (aujourd’hui Srishti Manipal Institute) de Bangalore – et les curateurs et artistes qui sont devenus ce que nous appelons aujourd’hui les Groundmakers. Compte tenu des liens évidents entre nos propres recherches artistiques et nos intérêts curatoriaux autour des pratiques écologiques, en relation avec des institutions et des collectifs basés en Inde, au Royaume-Uni, en France et en Suisse, le sol n’était pas conçu comme un sujet définitif ou limitatif, mais se construisait sur les préoccupations de la pensée de Bruno Latour dans le cadre de son projet « Critical Zones ». Dans ce contexte, nous utilisons le terme « sol » pour désigner la fine couche de matière vivante, non pas simplement comme de la terre ou un substrat, mais comme une membrane vivante fine, fragile et extraordinairement complexe qui rend possible toute vie terrestre. Pour Latour, la zone peut être qualifiée de « critique » dans deux sens : scientifiquement critique (une zone d’activité et de transformation intenses) et écologiquement critique (fragile, menacée et essentielle à la survie). À cette définition, nous avons initialement ajouté le concept d’agentivité et de pédagogie (ou d’apprentissage) que l’« assemblée » crée en réunissant une communauté internationale de participants de toutes générations et cultures. Depuis cette phase initiale, notre définition du sol s’est élargie et ne se limite plus à la terre seule, car nos intérêts portent également sur les nombreux impacts du changement climatique et des activités humaines sur les écosystèmes et les sols associés, et donc également sur les pressions d’origine humaine sur les hydrosphères complexes (manipulations atmosphériques, bassins versants, fonds océaniques), ce qui nous a par exemple conduit à aborder les modifications des routes maritimes du commerce, l’extraction en grande profondeur, ou comment l’activité humaine façonne les mouvements de la matière vivante en général.
Intégré officiellement au programme de la Biennale de Kochi-Muziris en 2026, Soil Assembly #3 a permis d’approfondir notre collaboration avec les artistes sélectionnés par la Biennale, ainsi qu’avec nos propres réseaux en Inde. Nous avons invité un large éventail de praticiens et de curateurs internationaux partageant un intérêt commun et une affinité pour les sols. L’événement s’est tenu dans le centre de Fort Kochi, ce qui a également permis à notre public engagé de suivre et de participer à une série de conférences couvrant les thèmes clés de Soil Assembly #3 : Économies circulaires des sols / Soins multispécifiques (Jour 1), Sols hydriques / Écologies transocéaniques (Jour 2) et Réseaux de soins radicaux / Futurismes écologiques (Jour 3). Ces sessions hybrides ont été diffusées en ligne sur la chaîne YouTube de la Biennale et à l’ensemble de la communauté de Soil Assembly et ont été complétées par des projets performatifs et participatifs. Ces différentes modalités d’interaction entre les participants et avec les publics ont offert l’occasion d’explorer Fort Kochi et ses environs lors d’événements animés par des artistes. Dans les sections suivantes, un aperçu des nombreuses conférences, ateliers et performances met en lumière certains aspects, mais nous encourageons vivement le lecteur à explorer en détail l’ensemble des événements sur le site web.

Gestion responsable et action collective
Nous avons ouvert notre manifestation avec « Une bibliothèque d’analphabètes », animé par l’artiste Dharmendra Prasad (Anga Art Collective), originaire de l’Assam et du Bihar, au pavillon de la Biennale des étudiants à St. Andrews Parish Hall. Cette initiative explorait les savoirs écologiques en lien avec les qualités expérientielles des livres sans texte, et reliés à l’apprentissage incarné, ancré dans le labeur et la terre. Dans la foulée, au pavillon du Bastion Bungalow, où se sont tenues toutes les tables rondes, l’accueil de Meena Vari et Bose Krishnamachari était suivi d’une discussion incisive sur la gestion responsable et l’action collective. La table ronde « Economies circulaires des sols » nous a rappelé les principaux enjeux qui avaient émergés de la Soil Assembly #2, grâce à un discours inaugural de passation de flambeau par les précédents coordinateurs Daniela Moreno Wray et Pedro Soler, en direct de La Chimba, près du volcan Cayambe en Équateur (voici les archives de la Soil Assembly #2). Les intervenants ont abordé des sujets allant de la création d’une forêt naturelle sur l’île de Vypin avec des enfants locaux, un projet de Manoj Kumar IB, fondateur de Rewild Kerala, jusqu’aux innovations technologiques développées pour réduire la dégradation des écosystèmes des sols dans les climats européens par Ramon Grendene, de The Shift Permaculture près du lac de Zurich.

La table ronde intitulée « Soins multispécifiques » a abordé les questions de biodiversité et de conservation sous l’angle des structures formelles et des droits au-delà de l’humain – allant des structures juridiques des organisations artistiques telles que les Zoöp – Alice Smits de Zone2Source à Amsterdam, à l’auto-organisation et à l’harmonie spirituelle en lien avec l’environnement – Tabita Rezaire dans la forêt sacrée d’Amakaba en Guyane française. Les événements des premiers jours se sont terminés par une adresse finale d’Eduardo Castillo Vinuesa, directeur du projet Academy de la fondation TBA21 (Thyssen-Bornemisza Art Contemporary) à Madrid. Faisant le lien entre la Biennale de Kochi-Muziris et Soil Assembly avec l’Ocean Space de TBA21 à Venise, il a exploré la manière dont sa propre institution culturelle cherche à agir comme une infrastructure régénératrice pour les artistes, en soulignant le rôle que jouent les océans dans la mise en relation des peuples et du commerce, ainsi que du pouvoir et du savoir.


La deuxième journée a débuté par un court trajet en ferry depuis Fort Kochi jusqu’à la station High Court du métro maritime de Kochi, à Ernakulam. C’est là que s’est exprimé le projet « Anahata Nada (Son non produit) », fruit d’un dialogue entre l’artiste Sonal Jain, du Desire Machine Collective, et moi-même. Après avoir traversé les voies navigables très fréquentées du lac Vembanad, nous sommes arrivés à la réserve ornithologique de Mangalavanam, où les participants ont exploré l’écoute profonde comme une forme d’expérience collective, dans un site soumis à sa propre précarité écologique. De retour à Fort Kochi, notre table ronde de l’après-midi, « Sols hydriques : de la terre à la mer », a replacé notre périple précédent dans son contexte en examinant le sol et l’eau comme un système continu et interdépendant, avec des contributions sur les explorations temporelles de tourbières remises en eau, un glossaire transdisciplinaire de nos rapports à l’eau en co-construction entre l’Europe et l’Asie du Sud, et la montée du niveau de la mer menaçant le système lagunaire de Vembanad et les communautés côtières d’Ernakulam.

La deuxième table ronde, intitulée « Écologies transocéaniques », a abordé l’océan comme un espace politiquement contesté, traitant de sujets allant des pollutions issues des munitions immergées des guerres passées à l’exploitation minière en eaux profondes, pour toucher et explorer en profondeur le fond benthique océanique et la vie qui y règne. Le panel refaisait surface avec les voyages maritimes à faible empreinte carbone avec le voilier culturel Arka Kinari, piloté par Grey Filastine et Nova Ruth — une plateforme artistique flottante voyageant actuellement de l’Indonésie à la Méditerranée — qui nous présentaient les multiples rivages et sols rencontrés, loin des parcours habituels des transports mondialisés. Clôturant cette deuxième journée, l’écrivain, illustrateur et chroniqueur culturel local, Bony Thomas, évoquait la longue histoire de Kochi avec l’eau, de l’inondation de la Periyar en 1341 et la naissance du port de Kochi, à l’érosion côtière et à l’élévation du niveau de la mer d’aujourd’hui. Cette approche très localisée illustrait comment l’échelle et la connaissance située pouvaient relier certains des thèmes hydriques qui unissaient bon nombre des intervenants de la journée, et entrer en résonance avec la contemporanéité des pratiques extractives coloniales.

S’inspirant de l’un des principes fondamentaux de Soil Assembly, qui consiste à partager des stratégies et des connaissances au niveau local, la troisième journée débutait le matin par une marche en quête de plantes urbaines sauvages comestibles, organisée par l’initiative « Forgotten Greens » dans le centre-ville postcolonial de Fort Kochi.
La première table ronde de l’après-midi, intitulée « Mycelial Thinking : Networks of Radical Care » (Pensée mycélienne : réseaux de soins radicaux), utilisait les réseaux fongiques comme métaphore d’une transformation institutionnelle et sociale radicale, avec des interventions allant des approches écologiques de la gestion des institutions artistiques, à la notion de soin dans l’automatisation des serres industrielles, ainsi qu’à la pédagogie en tant que système mycélien de soins. La table ronde « Futurismes écologiques » établissait ensuite un lien entre les dommages climatiques et les inégalités historiques, s’ouvrant sur une intervention sur l’accès à la terre, l’autodétermination et le droit par Radha D’Souza (IN – co-auteure avec Jonas Staal (NL) de la Court for Intergenerational Climate Crimes). Le panel explorait ensuite la souveraineté alimentaire andine et la résistance au colonialisme, puis des réponses curatoriales à l’héritage de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le panel se concluait par la présentation, par les auteurs de L’Internationale, Nick Aikens (Royaume-Uni) et Nkule Mabaso (Afrique du Sud), d’une nouvelle initiative, une publication écosociale intitulée The Climate Reader. Enfin, le discours de clôture prononcé par la fondatrice et directrice de la Srishti School of Art Design and Technology et de la Mallya Aditi International School, Dr Geetha Narayanan (qui avait déjà donné le coup d’envoi de notre toute première édition), a positionné le rôle de Soil Assembly selon une perspective philosophique profonde de l’apprentissage, soulignant l’unité du projet dans la construction de sens à travers l’éducation, les arts et l’écologie, et jetant ainsi les bases des discussions de l’assemblée ouverte sur l’avenir de Soil Assembly prévue le lendemain.
Futurs de Soil Assembly
Nos événements au Bastion Bungalow se sont achevés le quatrième jour avec une sélection de trois films : We Have Already Lived Through Our Future, d’Uriel Orlow – sur les forêts anciennes et futures et les enfants qui apprennent avec la nature ; New Gleaning de Daniel Hengst – un voyage dans le temps autour de tourbières remises en eau ; et Uppuveedukal (Maisons de sel) d’Arathi M.R., documentant le déplacement des communautés côtières du Kerala dû à l’élévation du niveau de la mer. Meena Vari, organisatrice de cette présentation ainsi que celle de Bony Thomas, soulignait une nouvelle fois la nécessité d’orienter les travaux de Soil Assembly vers les savoirs locaux. Une salle comble a pu écouter un panel passionnant débattre de certaines de ces questions, non pas comme une réalité abstraite, mais comme un problème local et actuel qui doit être résolu.

Dans la foulée de la performance « Listening in Slug Time » (écouter dans un temps de limace) de Maya et Cathy Lane (Royaume-Uni), qui proposait une réflexion sur l’écoute multispécifique du point de vue des personnes en situation de handicap à Londres pendant la pandémie de Covid, une table ronde était organisée afin d’explorer l’avenir du projet Soil Assembly et d’aborder certains des thèmes ouverts par les trois jours, ainsi qu’un futur projet Soil Assembly qui sera mené en Europe et à Berlin dans l’année qui vient.


Notre temps au Bastion Bungalow s’est conclu par la performance participative « One That Takes Many Forms » (quelque chose qui prend plusieurs formes) d’Arnab Basu, Nora Hauswirth et Maya Minder — une œuvre rituelle mêlant terre, graines, sons et travail collectif. À cette occasion, les participants et le public se donnaient la main entre inconnus dans un geste collectif qui serpentait à l’intérieur et à l’extérieur du lieu, unissant puis séparant chacun à travers le lavage et le rinçage de la terre sur les mains.

Comme cela a déjà été évoqué dans Makery, certains membres de l’équipe des « Groundmakers » ont coordonné un événement parallèle dans le cadre du projet « Lines to Follow – Soils to Gather », une performance participative de temps long produite par ART2M et Udumbanchola Circle. Ce projet est né de la Soil Assembly #1, au cours de laquelle un panel avait abordé la manière dont nous pourrions repenser le transport des denrées alimentaires et son impact carbone. Un groupe de participants est parti de Fort Kochi pour une expédition vers des forêts nourricières des Ghâts occidentaux, où il a rencontré des agriculteurs gardiens de biodiversité alimentaire à Muvattupula et récolté des fruits et légumes dans la forêt de l’artiste Vivek Vilasini à Anachal, près de Munnar. L’excursion comprenait une cérémonie inspirée de la Pachamanca péruvienne, animée par l’artiste Daniela Zambrano Almidón, suivie du transport à faible empreinte carbone d’une partie de la récolte vers Kochi, où sa transformation en pickles fermentés – qui s’inscrit dans la réduction de l’impact de la chaîne du froid par la fermentation – était coordonnée et mise en œuvre par Maya Minder. Ces conserves étaient ensuite livrées au voilier culturel Arka Kinari, qui les transportera pour atteindre l’Europe du Sud d’ici l’été, si les circonstances le permettent.
Situé, et pour le temps présent
Le slogan « For the Time Being » (pour le temps présent), en tant que vision pour la Biennale Kocki-Muziris reflétait la chaleur de l’esprit général de la Biennale, et trouvait un relais dans les objectifs de Soil Assembly, objectifs profondément enracinés dans les valeurs et les systèmes authentiques développés par les nombreux artistes dont nous partageons la vision. À cet égard, les thèmes développés ont trouvé un écho dans les œuvres exposées à travers les multiples sites, entrepôts et espaces d’exposition qui, ensemble, composent la Biennale. Parmi celles-ci, certaines œuvres révolutionnaires, tant au sens propre qu’au sens artistique, sont devenues de nouveaux points de discussion dans les débats animant les repas et les événements auxquels les participants de Soil Assembly ont pris part. Il convient de noter en particulier que Kulpreet Singh (Black Marks – 2022, en cours) et Otobong Nkanga (Soft Offerings to Scorched Lands and the Brokenhearted – 2025) ont montré que les œuvres d’art établissent des liens profonds avec le sol, la terre et les préoccupations liées au changement climatique et à la pénurie d’eau. Aux côtés des films du Lakshmi Nivas Collective — exposé sur l’île de Willingdon et qui a également participé à l’événement du premier jour sur les soins multispécifiques — ces travaux nous rappellent les pressions qui pèsent sur nos écosystèmes. À l’instar des personnes impliquées dans Soil Assembly, ces œuvres, par leur présence matérielle, montrent le rôle que les artistes peuvent jouer dans la transmission de ces façons partagées de comprendre les zones critiques que nous habitons.
À chaque édition de Soil Assembly, nous avons construit et affiné sa forme, de manière à mieux appréhender les changements qui peuvent s’opérer chez les artistes, les curateurs, les cultivateurs et les communautés préoccupés par la santé des sols et les équilibres écosystémiques, quand ceux-ci contestent et réclament des changements de méthode dans la gouvernance des habitats riches en biodiversité. L’édition Tinku Uku Pacha (Soil Assembly #2 – 2025, dirigé par le curateur Pedro Soler), était ancrée en Équateur et replaçait le contexte local dans une perspective géopolitique et mettait en lumière l’histoire du pays en matière de protection des droits non humains, aujourd’hui remise en cause. En s’ancrant dans la communauté autochtone de La Chimba, les coordinateurs nous ont rappelé la sagesse partagée par Transito Amaguaña (1909-2009), figure de proue culturelle de Soil Assembly #2, qui a déclaré : « La terre est au peuple ce que le sang est au corps ». Vers la fin de notre événement dans ce qui est aujourd’hui la plus grande biennale d’art contemporain d’Inde, Radha D’Souza, professeure de droit à l’université de Westminster et autrice de l’Intergenerational Climate Crimes Act, nous a une fois de plus rappelé l’un des enjeux les plus complexes découlant de notre intérêt pour le sol en tant que zone critique : notre accès à la terre, nos droits en matière de propriété et nos responsabilités quant à son avenir, pour tous les êtres vivants.
Animé par l’imaginaire des artistes, le registre esthétique de Soil Assembly s’ancre dans la culture, les matériaux terrestres, les écosystèmes sensoriels et les pratiques transformatrices. Ici, l’art est façonné par une attention portée au sol en tant que source de vie – de la nourriture aux habitats riches en biodiversité. Dans son état nomade, l’événement grandit et se développe lentement en tant qu’espace autonome et contexte pour appréhender la justice multi-espèces, ainsi que la relation entre les droits humains et la terre.
À cette fin, nous approfondirons la manière dont ce format peut évoluer, dans le cadre d’un nouveau projet financé par le programme Soil Tribes et l’Union Européenne, qui proposera une série d’assemblées régionales, et dont le point d’orgue sera la Soil Assembly #4 en janvier 2027 à Spore Initiative, à Berlin. Au cours de cette période, nous continuerons à vous tenir informés, à partager nos réflexions et nos connaissances, tout en élaborant de nouvelles stratégies visant à étayer et à ancrer notre compréhension de cette zone critique pour notre avenir à tous.

En savoir plus sur les précédentes Soil Assembly et la Biennale de Kochi-Muziris