Monument commémoratif à l'aéroport d'A So.
La bourse Rewilding Cultures Mobility Conversation soutient une mobilité artistique durable, inclusive et attentive aux réalités personnelles des créateurs. Lauréate en 2025 avec « Foliating Memories », l’artiste Kim Đoan Quốc revient pour Makery sur son projet entre le Viêt Nam et la France qui traite de la pollution à l’agent orange, mêlant mémoire écologique et recherche plastique. Seconde partie.
Kim Đoan Quốc est un.e artiste visuel.l.e qui travaille à l’intersection de l’installation, de la vidéo et de la performance. Ses travaux examinent la relation entre l’humain et ses écosystèmes, mêlant les thèmes du corps et du règne végétal dans des récits stratifiés. Le concept de« safe space» est central dans ses réflexions, exploré pour aborder la justice sociale, l’écologie et le bien-être collectif. En 2025, Kim part au Việt Nam pour un voyage de recherche de six mois en préparation du projet Foliating Memories, qui traite de la pollution à l’agent orange. Le récit qui suit, publié en trois parties, raconte les processus de réflexion et de production qui entourent cette pièce.
En tournage sur le terrain : l’aéroport de A So avec M. Phú et l’ancien aéroport de Nam Cat Tien avec le professeur Lương Văn Dũng
Sur la route de Hà Nội à Sài Gòn, je passe quelques jours à Huế, non loin de la vallée de A Lưới. J’y rencontre Lê Ngọc Thanh et Lê Đức Hải, frères jumeaux et puissant duo de peintres sur laque. Après avoir passé l’après-midi ensemble dans leur atelier, une maison dotée d’un immense espace de travail et d’un espace d’exposition présentant leurs œuvres en cours et achevées, nous parlons des raisons de mon voyage et de ce que je veux faire dans la région. Après avoir échangé avec Phùng Tửu Bôi, je veux voir l’aéroport d’A So : un ancien aéroport militaire américain dépollué grâce à une technologie thermique, financée par l’USAID et le gouvernement vietnamien, avec Veolia comme prestataire. « Cela consistait à chauffer le sol à 335 °C (635 °F) pendant plusieurs mois. Une installation spécialement conçue a été construite pour abriter le sol contaminé afin de garantir un chauffage contrôlé. La chaleur provoque la vaporisation des composés volatils et semi-volatils. Ceux-ci sont extraits du sol, collectés et décomposés en toute sécurité. Les composés à point d’ébullition plus élevé subissent une réduction significative dans le sol, qui peut alors être réutilisé sans danger. » (Veolia’s 2024 report “Five key trends highlighting the urgency to tackle pollution”) Les frères Lê me mettent en contact avec un proche d’un de leurs amis, guide dans la vallée de A Lưới, M. Phú.
Je prends un bus de trois heures depuis Huế pour le rejoindre dans une gare routière au milieu de la campagne. À ma descente, il n’y a personne, hormis deux vieux hommes, très curieux de me voir là, qui me mettent en garde contre les moustiques. M. Phú arrive quelques minutes plus tard, et nous roulons jusqu’à la forêt et à l’aéroport sur sa moto. Nous traversons de nombreux villages reculés, avec des écoles neuves et de belles routes, « tout cela a été construit grâce à Hồ Chí Minh », me dit mon guide avec enthousiasme. Il m’explique en chemin qu’il faudra donner un peu d’argent à la police pour entrer dans la zone de l’aéroport, proche d’une frontière sensible avec le Laos : « 500 000 VND suffiront. » J’obtempère sans demander plus de détails. Un peu plus loin, nous nous arrêtons devant un acacia et un groupe de buffles. Pendant que j’installe la caméra et commence à filmer, M. Phú me dit que cet arbre absorbe la dioxine du sol. Je ne peux m’empêcher de penser à Phùng Tửu Bôi et à l’espèce d’acacia qu’il a créée pour aider les gens à gagner leur vie dans la vallée de A Lưới. Je me rappelle ses mots lorsqu’il a vu la déception sur mon visage, au moment où je comprends que, dans son travail, les arbres ne dépolluent pas les sols : beaucoup de gens se trompent et croient que son travail de sylviculture vise à nettoyer la terre, alors qu’il s’agit surtout de la rendre habitable le temps que les années diluent peu à peu la pollution. Je n’ose pas corriger M. Phú.
Nous poursuivons la route vers l’aéroport d’A So. À mesure que nous approchons, les villages se font plus rares, sans école flambant neuve, avec des routes plus abîmées. Je demande à mon guide pourquoi les villages y sont moins bien entretenus que ceux que nous avons traversés. « Il est difficile de les aider ici. » Nous sommes sur les terres du peuple Tà Ôi, l’un des 54 groupes ethniques du Việt Nam, qui se serait installé là de son plein gré, sur des terres contaminées, après la guerre. À notre arrivée à l’aéroport d’A So, un jeune garçon fait paître ses buffles sur la piste dépolluée de l’ancienne base de l’armée américaine. Une stèle commémorative en marbre se dresse haut parmi les buffles : elle proclame que le Việt Nam et les États-Unis, anciens ennemis, unissent désormais leurs forces financières en nouveaux amis, dans un monde en paix, pour réparer les erreurs du passé, et se vante de la décontamination thermique de 30 000 m² de sol dans cette zone. Plus de 400 000 hectares ont été contaminés pendant la guerre.
Après l’aéroport, M. Phú m’emmène chez lui pour boire un thé avant que je prenne le bus de retour vers Hue. Il me montre sa maison et les lodges qu’ils sont en train d’ammenager avec sa femme pour pouvoir accueillir quelques touristes. Il vend du miel et des baies qu’il ramasse dans la jungle de la vallée de A Lưới, sur l’étiquette de la bouteille de miel, il y a une photo de son fils aîné.
En octobre, je passe un mois en résidence à Cù Rú, un espace d’artistes autogéré à Đà Lạt, niché dans une serre typique de la région. J’ai la chance d’y rencontrer Nguyễn Kim Tố Lan, figure publique de la scène artistique vietnamienne, issue d’une famille d’artistes et âme joyeuse, grâce à mon amie la peintre Jo Ngô. Celle-ci me présente le Pr Lương Văn Dũng, biologiste enseignant à l’Université de Đà Lạt et spécialiste de l’écosystème local. Nous parlons beaucoup de dioxine, et il me parle du Rhodomyrtus tomentosa, Sim en vietnamien, un arbuste à fleurs roses très présent sur de nombreux anciens sites militaires qu’il a visités. Nous nous rendons au parc national de Cát Tiên, où il connaît un héliport américain abandonné datant de la guerre, caché dans la forêt, où ces arbustes poussent en abondance. Nous faisons le trajet ensemble, avec lui et Tố Lan, pendant le week-end.
Nous faisons le tour des collègues du professeur dans la région, il collabore avec des agriculteurs-ices pour cultiver une nouvelle espèce de camélia qu’il a trouvée dans la foret cette année. Nous rendons aussi visite à des amis Saray, l’une des nombreuses ethnies minoritaires du Việt Nam. Ils nous montrent des parties de la jungle primaire dont les lisières se font progressivement grignoter par les anciennes plantations coloniales d’hévéa et de café qui continuent de s’étendre. Quand nous arrivons à l’héliport, l’endroit ressemble à une simple clairière dans la forêt, couverte d’arbustes à fleurs roses. Sans le Pr Lương Văn Dũng, je n’aurais jamais imaginé que ce lieu vert et luxuriant était un ancien site de stockage de l’agent orange. C’est précisément pour cela que je vois un intérêt à façonner une présentation visuelle de cette pollution : avec le temps, il sera facile d’oublier lesquelles de ces collines sont contaminées, ou ce qu’étaient autrefois les paysages et les forêts primaires, beaucoup d’informations sont déjà perdues. Il reste beaucoup de doutes sur la nature et l’emplacement des lieux contaminés.
Modeler à partir de sols provenant d’anciennes zones de guerre
Au cours de ces voyages de recherche et personnels dans d’anciennes zones de guerre ou dans des zones encore touchées par ce qui s’y est passé, je collecte des échantillons de sol pour les intégrer ensuite à un travail de céramique. Il s’agit de quatre services à thé, réalisés avec une argile mélangée et émaillée avec les terres naturelles collectées, qui font entrer dans l’installation le doute permanent sur la nourriture empoisonnée, propre aux terres contaminées. Auparavant, j’avais rencontré à Paris l’écotoxicologue Xavier Coumoul pour discuter des risques de contamination liés à la présence éventuelle de dioxine dans le sol. À l’issue de cette rencontre, il était clair qu’il valait mieux utiliser des sols non contaminés par la dioxine. Même si les céramiques auraient été sans danger après une cuisson à 1 200 °C, rien ne prouvait que le four ne serait pas contaminé à son tour. J’ai donc été attentive aux sols que j’intégrerais à l’œuvre.
Dans un premier temps, Marvin et moi rendons visite à notre amie, la musicienne Yến-Linh Thẩm, à Sơn La. De multiples groupes ethniques vivent dans cette région : les Thaïs blancs, les Thaïs noirs et les Hmong sont ceux que nous rencontrons. Dans ces montagnes, la terre est d’un rouge éclatant. Les nombreuses et complexes manières dont les groupes ethniques du Việt Nam ont été impliqués dans les guerres d’Indochine ont pesé sur leurs relations avec le gouvernement, et donc sur leur accès aux services publics. Collecter des échantillons de sol dans cette zone, c’est les faire entrer dans l’installation et tenter de bâtir un récit commun au sein du projet. Lorsque je visite l’aéroport d’A So, dans la vallée de A Lưới, nous parcourons la forêt primaire et une partie de la piste Hồ Chí Minh, réseau logistique de routes et de sentiers qui courait dans la jungle du Nord au Sud du Việt Nam, en passant par le Laos et le Cambodge, pour acheminer hommes et matériel à l’Armée populaire du Việt Nam. Cette histoire, celle de résistant.e.s qui collaborent avec le non-humain et se fondent dans la jungle pour vaincre l’impérialisme américain, est un récit qui inspire aujourd’hui les mouvements décoloniaux, et qui devait absolument faire partie de Foliating Memories. Je prélève donc des échantillons dans la forêt primaire, que la dioxine n’a pas touchée, et sur la piste. Plus tard, je visite le musée de la forêt de Sác, un musée de plein air dans la mangrove de Cần Giờ. Il montre comment l’armée vietnamienne s’organisait, vivait et résistait dans l’écosystème complexe des mangroves. Je rapporte un peu d’histoire et de boue de la promenade entre les palétuviers. Avec ces quatre sols différents, j’utilise aussi du sable de Long Hải, une plage proche de la ville de ma famille, dans la région de Bà Rịa-Vũng Tàu, où mon père a grandi et où il a perdu son propre père, qui résistait à la colonisation française pendant la Première Guerre d’Indochine.
Avec mes sacs de boue et de terre, je rencontre Dương Văn Tốn, jeune génie de la poterie et collaborateur de la résidence Cù Rú. Spécialiste des terres naturelles, il est mon mentor en céramique pendant la résidence. Dès le premier jour, nous filtrons mes échantillons et les mélangeons avec de l’eau, du silicate et de l’argile pour obtenir les matières avec lesquelles je vais modeler et émailler les services à thé. Tốn me donne même du sable de titane de sa ville natale, Quy Nhơn, pour décorer certaines parties de mon travail. Nous travaillons de manière assez intense pour que les services, avec leurs carafes et leurs tasses, soient prêts en un mois. Ces services font partie de l’installation Foliating Memories et ont été utilisés lors de la conférence organisée au Musée Albert-Kahn pour partager le thé de Rhodomyrtus tomentosa que le Pr Lương Văn Dũng a préparé spécialement pour cette pièce.
Peintures laque : des conversations en forêt avec Phùng Tửu Bôi à l’apprentissage de la laque dans la banlieue de Saïgon
Dans l’installation présentée au Musée Albert-Kahn en avril 2026, une série de six peintures laque, réalisées au Việt Nam, représente des espèces végétales liées à la pollution à la dioxine. L’acacia et le Rhodomyrtus servent de motifs à deux d’entre elles. Le choix des plantes est issu d’une discussion avec Phùng Tửu Bôi. Les quatre autres peintures montrent : un palétuvier, arbre de l’un des écosystèmes les plus touchés mais aussi des plus rapides à se régénérer, grâce aux flux d’eau qui le traversent (la dioxine ne se mélange pas à l’eau) ; le Dipterocarpus dyeri (arbre autochtone de la région avant la guerre, assez robuste pour protéger les arbres qui poussent sous lui) ; le Gleditsia fera, aussi appelé bồ kết, aux immenses épines sur le tronc (utilisé par Phùng Tửu Bôi pour construire des barrières naturelles interdisant l’accès aux terres contaminées) ; l’acacia hybride (espèce créée par Phùng Tửu Bôi pour permettre aux habitants de vivre de la foresterie sur des terres contaminées) ; le Cucurbita (la seule plante qui absorbe la dioxine du sol).
Je dessine des croquis de ces plantes aux crayons de couleur à Sài Gòn. En parallèle, je visite régulièrement le musée des beaux-arts pour observer les collections de peinture sur laque et définir la texture que je veux atteindre avant de commencer à peindre. Les maîtres Nguyễn Gia Trí, Phạm Hậu et Mai Thị Kim Uyên m’inspirent beaucoup. Lors de notre première rencontre, mes professeurs Phù Thành Nguyên et Trần Minh Tâm me recommandent de savoir quelles textures, quels matériaux et quels effets je veux travailler. Je les avais rencontrés grâce à Nguyễn Kim Tố Lan, qui a étudié les beaux-arts avec eux et qui m’avait aussi initié·e pendant ma résidence à Cù Rú, Đà Lạt.
La peinture laque est une technique typique des beaux-arts vietnamiens, inspirée de l’artisanat traditionnel et tissée dans le passé colonial du pays avec la France. Dans l’un des pdf sur sur le sujet que les frères Lê m’ont passé, Shireen Naziree explique : « La datation historique d’objets laqués découverts dans plusieurs tombes antiques situées près de Hai Phong suggère que la peinture sur laque, appliquée sur des objets tels que des rames de bateau, des articles ménagers ainsi que du matériel de fabrication de laque, existait au Vietnam depuis plus de 2 000 ans. (…) Au début du XXe siècle, les artistes vietnamiens ont été encouragés par leurs professeurs d’art français à l’École des Beaux-Arts de Hanoï à expérimenter des supports traditionnels tels que la soie et la laque pour produire des peintures modernes, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération d’artistes désireux d’explorer de nouveaux modes d’expression. (…) Tardieu, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Lyon, puis formé à Paris auprès de Gustave Moreau aux côtés d’Henri Matisse et de Georges Rouault, s’embarqua pour l’Indochine en 1921 après avoir été chargé par l’administration coloniale française de réaliser deux fresques monumentales pour l’Université d’Indochine et la Bibliothèque centrale, toutes deux situées à Hanoï. C’est là qu’il fit la connaissance de Nam Son, un fonctionnaire de l’administration coloniale, peintre accompli pratiquant la peinture à l’encre de Chine et animé d’un vif intérêt pour l’enseignement artistique. Ensemble, ils mirent en place l’infrastructure et la création de l’académie des beaux-arts. (…) L’académie offrait un lieu où le talent pouvait s’épanouir, et c’est là que l’artisanat de la laque s’est transformé en une nouvelle forme d’art. Alors que les valeurs coloniales exploitaient les Vietnamiens, Tardieu exprimait sa sincère préoccupation pour le peuple et la culture et affirmait que « les Annamites possédaient tous les dons nécessaires pour devenir des artistes et qu’ils en avaient le droit ». En élargissant la pratique de la peinture traditionnelle pour l’adapter aux principes de l’art académique européen, les artistes ont créé des perceptions modernes du monde visuel, et le résultat de cette évolution esthétique dans les arts et l’artisanat allait finalement rehausser leur statut. La création de l’école d’art a donné naissance à une « nouvelle profession » dans la culture vietnamienne, désignée par le mot Hia Si, qui signifie « peintre », pour désigner un créateur de peinture artistique par opposition à Thq Ve, qui désigne une personne qui dessine ou peint à titre artisanal. » (Extraits du livre From craft to art — Vietnamese lacquer paintings (De l’artisanat à l’art — Les peintures laque vietnamiennes), de Shireen Naziree, publié en 2013 par la galerie Thavibu à Bangkok).
Ce qui me frappe d’emblée, c’est que tout, dans cette technique, vient d’éléments naturels : la peinture est faite de sève d’arbre (Rhus succedanea) mélangée à de l’huile et à des pigments ; les pinceaux sont en bois et en cheveux humains (les cheveux courent sur toute la longueur du manche en bois, ce qui permet d’affûter le pinceau comme un crayon) ; les ornements sont faits de coquilles d’œuf ou de nacre. La technique est en soi une ode à de nombreux acteurs des écosystèmes du Việt Nam. Elle demande du temps : elle suppose de nombreuses couches de peinture entre les applications de feuilles d’argent. La peinture ne sèche correctement que dans un climat chaud et humide, c’est-à-dire sous les tropiques. Chaque matin, je roule 45 minutes jusqu’à l’atelier de Nguyên et Tâm, depuis mon appartement de la rue Phạm Viết Chánh, à travers la chaleur et la circulation de Sài Gòn, sur un scooter de location. Je tombe sous le charme de la ville, de la matière, de la lumière, de tout. Apprendre cet art séculaire en tant que personne française d’origine vietnamienne, avec peu de lien avec l’héritage de ma famille, signifie beaucoup pour moi.
Mes professeurs tracent une ligne très concrète entre la laque des beaux-arts et la laque artisanale. Pendant mon séjour chez eux, ils peignent des pièces géantes, d’environ trois ou quatre mètres de large, représentant des paysages naturels, pour le bateau-restaurant d’un riche ami. Nous avons de longues discussions sur ce que je veux faire de mes peintures : ce seront des tables autour desquelles le public pourra s’asseoir pendant l’exposition. Ils pardonnent mon extravagance, celle d’un·e Việt Kiều et d’un·e « jeune » artiste : faire des tables semble absurde alors que la noblesse des beaux-arts de la laque est acquise, de surcroît de la part d’une personne diplômée d’une école d’art occidentale. À part cela, et le fait que je veuille utiliser des coquilles d’œuf brûlées, plutôt employées dans les objets artisanaux que dans l’art contemporain, ils semblent satisfaits que l’œuvre traite des questions environnementales et de l’agent orange. Nous terminons le travail juste avant mon vol de retour en France. Le dernier jour, à l’atelier, nous buvons beaucoup de bières Sài Gòn devant les peintures soigneusement emballées, nous nous serrons dans les bras et nous nous disons à une prochaine fois.
Le lendemain, je place soigneusement le paquet dans ma valise, protégé de toutes parts par mes vêtements, et les céramiques enveloppées de papier bulle dans mon bagage cabine. Je rends le scooter de location. Je vais voir une dernière fois la skyline de Sài Gòn avec Marvin. Et en 24h, comme ça, tout est terminé. Je monte dans l’avion et je rentre à Paris. On est en décembre, l’exposition a lieu quelques mois plus tard, je retrouve l’hiver et mon atelier pour finir les pièces à temps pour le printemps.
Suite et fin la semaine prochaine.
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Le site internet de Kim Đoan Quốc.