Makery

Paris Games Week a bien joué la carte de la réalité virtuelle

La liberté d'action de l'HTC Vive, pour peu que l'on puisse consacrer une pièce à dessouder des zombies. © Nicolas Barrial

Grosse offensive de la VR à la Paris Games Week 2015, qui s’est achevée le 1er novembre. Un gros tiers de l’énorme stand Sony était consacré à Playstation VR tandis qu’HTC proposait la première sortie en mode test du Vive, challenger de l’Oculus Rift.

La planète jeu vidéo avait rendez-vous à la Paris Games Week, du 28 octobre au 1er novembre 2015, porte de Versailles. Avec ses stands de la taille d’un petit immeuble, ses batteries de gamers en mode LAN, ses cosplayers et le son électro qui arrose tout ça, le salon français ambitionnait de devenir le leader européen des rassemblements consacrés au jeu vidéo. Ce n’est pas mal parti si l’on en croit les organisateurs qui revendiquent une fréquentation record (307 000 visiteurs). 

Les bataillons de la VR

Au milieu de la foule hystérique venue choper les goodies des derniers blockbusters, des milliers de têtes étaient absorbées par les démos. Certaines plus que d’autres car la réalité virtuelle immersive initiait ses premiers bataillons de joueurs.

C’est beau, c’est bleu, c’est Sony Playstation VR. © Nicolas Barrial
Un jeu de collaboration made in Sony. C’est la tête qui dirige, pas le casque, hein. © Nicolas Barrial

Sony, qui avait choisi d’investir massivement le salon, consacrait un gros tiers de son stand, le plus gros de la Paris Games Week, à Playstation VR, sa solution de réalité virtuelle qui sortira en 2016. Sous la bannière « Bienvenue dans le futur du jeu vidéo », un large open space diffusait une lumière bleutée, comme les LEDs de son casque de SF.

Sur inscription, Sony proposait, entre autres, une expérience « familiale » où seul l’un des joueurs était équipé du casque, tandis qu’un autre espace embarquait des gamers dans une équipée immersive multi-joueurs. Pas de doute, Sony est là où Microsoft, son concurrent sur console, s’affirme à peine avec un accord au rabais avec Oculus.

Allez, on mélange des cosplayers avec de la VR et on voit si ça explose. © Nicolas Barrial

Lequel Oculus avait décidé de laisser l’Europe en jachère : sur son stand, seul le DK2 (le plus récent de ses casques VR pour développeur) était présenté, alors que la firme californienne a annoncé la fin de sa production.

Pour mémoire, il avait présenté son CV1, le premier Oculus pour le grand public, à l’E3, le salon américain du jeu vidéo, en juin dernier.

En revanche, son challenger direct était bien présent sur le salon et suscitait la curiosité. Le Vive, fabriqué par HTC en collaboration avec le propriétaire de Steam, la célèbre plateforme d’achat de jeux vidéo en ligne, est encore en développement et n’est distribué qu’au compte-gouttes à des développeurs. Mais sur le papier, c’est le plus puissant du marché (sa sortie est prévue au premier trimestre 2016).

La matrice me surveille : l’un des capteurs Lighthouse. © Nicolas Barrial

Contrairement aux couleurs flashy de Sony, l’espace HTC offrait une ambiance plus cyberspace, avec des cabines individuelles d’une quinzaine de mètres carrés chargées de mettre en valeur LightHouse, le système qui libère le joueur d’une position statique. Une foule était agglutinée devant le stand où certains attendaient depuis une heure ou deux. 

« Merci de ne pas filmer les ordinateurs  », m’indique-t-on. Sans doute pour ne pas trop insister sur la grosse artillerie hardware déployée pour l’occasion (qu’on n’est pas prêt de retrouver chez soi). Le bétatesteur (moi) une fois équipé du casque, l’opérateur prend le contrôle sur le son pour lui donner quelques indications.

Première impression : le Vive est moins gros et moins lourd que son design brutal ne pouvait le laisser croire d’après photos. Ce design sans fioriture, on le retrouve aussi dans les manettes qui sont légères et surtout sans fil.

Un candidat équipé pour sa plongée VR en semi-liberté. © Nicolas Barrial

L’opérateur HTC égrène quatre démos. Dans la première, TheBluVR, une baleine passe devant mes yeux et c’est la beauté de la VR, on s’inclue proportionnellement dans le plan. A 90 images seconde, c’est très fluide, l’ambiance sonore fait beaucoup mais c’est un peu passif. Seuls les poissons qui se dérobent marquent ma présence. Ensuite, on revient abruptement sur terre avec Job Simulator, une sorte de dînette virtuelle frénétique qui invite à toucher un peu à tout. Tilt Brush, la démo suivante, un logiciel de peinture en immersion qui a eu grosse presse, démontre la précision des manettes. Je gribouille vite fait. Ça mériterait qu’on s’y attarde mais j’ai envie d’action !

Parfois la survie est à ce prix. © Nicolas Barrial

Avec Arizona Sunshine, je vais être servi. Assailli par des zombies, ce jeu de tir à la première personne ambiance western rend grâce à la qualité des écrans du Vive. Je m’accroupis pour ajuster un tir et je fais mouche. Je me prends vite pour Jesse James. Je me dis que je pourrais enfin devenir bon à ce type de jeu, quitte à casser une lampe ou deux chez moi. 

Enfin, retour au calme avec The Secret Shop, un futur add-on à DoTA 2, et son atmosphère heroic fantasy bien traduite, avec un magicien et un mini dragon qui fuit notre présence. Surprise ! Quand on lâche le bouton, on rétrécit. La liberté plutôt restreinte dans cette maison type hobbit correspond finalement plutôt bien à la taille réelle définie par LightHouse. 

Voilà, c’est fini et je n’ai senti ni la pesanteur du casque, ni la nausée. 

La VR se prête bien à la simulation d’un cockpit : on est assis dans les deux mondes. © Nicolas Barrial

Autre type d’expérience proposée sur le stand d’HTC, Elite Dangerous, un jeu de combats spatiaux multi-joueurs. Le bétatesteur installé dans un siège baquet à double joystick semblait un peu paniqué par l’immensité sidérale…

Bilan du match

En matière de casques VR, j’ai testé Playstation VR, l’Oculus et le Vive. Et très franchement, je peux difficilement affirmer qui remportera le match. Ce sont bien les contenus qui seront déterminants. La vraie nouveauté, c’est que la réalité virtuelle est belle et bien opérationnelle, variée dans ses expressions et qu’elle attire le public.

Les parents vont peut-être regretter le temps de la Game Boy. © Nicolas Barrial

Et même si sa seigneurie Oculus n’a pas daigné avancer ses pions, on a pu découvrir la version Oculus VR des Lapins Crétins d’Ubisoft ou l’attraction immersive du groupe Partouche Roller Blaster. Et si la presse spécialisée a salué la plus grosse visibilité à ce jour pour Playstation VR, c’est bien HTC qui a tiré les marrons du feu parisien, en étant élu meilleur périphérique du salon.