France: six nouveaux fablabs à l’horizon

La carte de Makery répertorie plus de 850 labs dans le monde. © CC
Pauline Comte

C’est le printemps des labs ! Six lieux dédiés au making éclosent en France en cette saison. Pour mémoire, notre carte des labs en répertorie 336, dont 147 fablabs adoptant la charte du MIT.

En région parisienne, le fablab LabBoîte à Cergy-Pontoise a ouvert le 29 avril. Avec un investissement de 676273€ (équipement matériel et travaux d’aménagement), le lab est le fruit d’un partenariat entre la Comue (Communauté d’universités et établissements), le département du Val d’Oise et l’agglomération de Cergy-Pontoise. Situé dans le campus de l’université Paris Seine dans « un quartier en plein renouveau », l’espace de 400m2 accueille étudiants, universitaires, entrepreneurs et grand public. En plus des incontournables machines et outils de fabrication numérique, des formations autour de la culture numérique et technologique seront mises en place à la rentrée scolaire.

LabBoîte a accueilli jeudi 20 avril sa primo-communauté. Venez nombreux pour découvrir le lieu le 29 avril lors de l'ouverture officielle ! pic.twitter.com/aX5pbrv8gB

— LabBoîte (@LabBoite) April 21, 2017

Inauguré les 9 et 10 mai, le Fablab du Grand Narbonne s’ajoute à la longue liste des espaces de fabrication numérique de la Fabrégion Occitanie. Géré par la communauté d’agglomération le Grand Narbonne, le lab a élu domicile dans le bâtiment de l’In’ess, espace d’accompagnement à la création d’activités. Le fablab ouvrira mi-juin au public.

A Concarneau, le Konk Ar Lab se fraie une place dans un quartier prioritaire de la ville. Le projet associatif Konk Ar Lab, soutenu par l’agglomération, a pour objectif de « favoriser l’emploi des jeunes, aider les mères isolées et améliorer la qualité de vie, à travers le faire ensemble », explique le secrétaire du fablab Emmanuel Poisson-Quinton. La mairie de Concarneau met à disposition un local de 80m2 attenant à un jardin de 50m2. L’asso, tout juste « en possession des clés », réceptionne l’équipement matériel et entreprend des travaux, afin d’ouvrir le lab à l’automne prochain.

Emmanuel Poisson-Quinton annonce l'ouverture du fablab @KankArLab dans un quartier prioritaire de Concarneau. #MakeEurope #fablabs pic.twitter.com/N4cRdTjHAm

— Makery (@makeryfr) May 11, 2017

Le 5 juillet, l’Atallier Fablab de 336m2 ouvrira ses portes à Moulins, en Auvergne. Après avoir lancé une campagne de financement participatif, le lab a atteint les 6000€ espérés le 17 mai dernier.

Découvrez notre présentation https://t.co/47CJ4S6rWB

Si ce projet vous plaît vous pouvez nous aider sur @ululeFR : https://t.co/I94XIfBYDN

— ATALLIER (@FablabMoulins) April 30, 2017

Le 19 mai, la communauté d’agglomération de Saint-Nazaire (Carene) a lancé un appel à projets, ouvert jusqu’au 7 juillet, pour encourager l’ouverture d’un fablab sur le futur campus numérique de la ville. Sa création s’inscrit dans le plan de redynamisation du centre-ville mis en place depuis 2014. La Carene s’engage à soutenir, au moins par la prise en charge du loyer, le projet « d’initiative privée (association, coopérative, entreprise…) ».

Le fablab de Ligugé (Vienne) Les Usines Nouvelles s’agrandit et sera inauguré le 2 juin. Installé dans une ancienne friche du XIXème siècle, le fablab créé en 2013 est aujourd’hui à l’étroit. Suite à l’acquisition de nouvelles machines et à l’augmentation du nombre de salariés, le lab déménage dans un espace plus adapté (400m2). Son essor est soutenu par l’Union européenne, la région Nouvelle-Aquitaine, le département, le Grand Poitiers et la commune de Ligugé.

Si vous avez un projet de fablab, faites-le nous savoir!

La Fab Academy fait des petits

Un diplôme de la Fab Academy. © Makery
Carine Claude
Un diplôme de la Fab Academy. © Makery

Après avoir lancé la Bio Academy et la Textile Academy, la Fab Academy réfléchit à l’élargissement de ses programmes au design et au storytelling. L’artiste Olafur Eliasson, qui intervient déjà dans le cadre de la Fab Academy 2017, élabore un nouveau programme intitulé Why to Make (Almost) Anything, clin d’œil au célèbre cours How to Make Almost Anything du père fondateur des fablabs, Neil Gershenfeld. Son idée ? Prendre un peu de recul en s’intéressant davantage au pourquoi qu’au comment dans le domaine du faire. Selon Romain Di Vozzo, instructeur de la Fab Academy et de la Bio Academy, Neil Gershenfeld aurait même en tête de décliner le programme de la Fab Academy sous l’angle du storytelling avec les designers du prochain Star Wars.

« Avec son modèle de campus global et son réseau mondial d’éducation distribuée, l’objectif de la Fab Academy n’est plus nécessairement de former des gens pour qu’ils ouvrent des fablabs, mais d’aller chercher des intelligences dans tous les domaines pour toucher des publics qui n’auraient pas facilement accès au MIT ou à Harvard », explique Romain di Vozzo, fabmanager du fablab Digiscope à Saclay.

Romain di Vozzo, artiste, ingénieur et formateur de la Fab Academy. © DR

Aujourd’hui, près de 80 fablabs dans le monde accueillent le programme de la Fab Academy. Leur nombre pourrait ainsi augmenter avec ces nouvelles déclinaisons. « Pour sa troisième édition qui sera lancée en août 2017, nous recalibrons le programme de la Bio Academy, qui était quasiment à un niveau post-doc, à un niveau plus intermédiaire », ajoute Romain Di Vozzo. Pour cet ingénieur de l’Inria associé à l’université Paris-Saclay qui défend l’accessibilité de ces formations au plus grand nombre, l’idéal serait, à terme, de cumuler les programmes de la Fab Academy et de la Bio Academy en un seul et unique diplôme universitaire (DU), pour « créer un système d’enseignement inclusif mêlant à la fois des étudiants et des personnes extérieures à la fac ». Son initiative aurait reçu un premier avis favorable du côté de Paris-Saclay.

A Paris, la Textile Academy s’installe chez Villette Makerz

Ce soir, c'est l'inauguration de Villette Makerz by Woma. Une folie pour makers nichée en plein coeur du parc. #VilletteMakerz #makers #fablab #éduc

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A la rentrée 2017, le fablab Villette Makerz by Woma deviendra le node parisien du nouveau programme de la Textile Academy. Testée lors d’un bootcamp au Fablab Barcelona en février dernier, cette formation dédiée à l’expérimentation et à l’innovation dans la mode démarrera le 26 septembre. Après trois mois de cours intensifs, les participants auront un trimestre supplémentaire pour peaufiner leurs projets. « Sur une durée globale de six mois, il faut quand même compter deux à trois jours d’effort hebdomadaire pour les apprenants », explique Guillaume Attal, fabmanager de Villette Makerz, qui prépare le lancement officiel de la formation et l’appel à candidatures courant juin. Avec un coût global de 5000€, le tarif du programme s’alignera sur ceux de la Fab Academy et de la Bio Academy, « matériel de base, accès aux machines et au lab compris », précise Guillaume Attal.

T’as un hand spinner? Oui, c’est moi qui l’ai fait

Du carton, quelques roulements à billes et paf! Un hand spinner DiY. © Victor Didelot

On ne peut pas les rater… A chaque coin de rue, dans les magasins, les écoles, collèges et lycées, les hand spinners sont partout! Et chez Makery, avec un tuto à moins de 2€.

Victor Didelot

C’est le gadget ultime du moment. D’après Wikipédia, le hand spinner ou fidget spinner est « un jouet qui permet d’évacuer le stress en occupant les mains et de se concentrer, il peut aussi arrêter certains tics ». Disponible sous toutes les formes et couleurs imaginables, le hand spinner (sorte de toupie qu’on fait tourner dans sa main) a bouleversé la vie de beaucoup de personnes (en bien comme en mal). Autant vous dire que chez Makery, on ne lui trouve pas grande utilité. Et c’est bien pour ça qu’on a pensé à ce tuto rapide et pas cher à base de roulements à billes et carton.

Matériel

– Des roulements à billes (ceux de votre skateboard ou de votre hand spinner, soit 2€ environ la dizaine) ;
– Du carton (ou du bois, du Plexiglass, etc., le tuto reste le même) ;
– Une paire de ciseaux et un cutter ;
– De la colle ;
– Un crayon à papier et une règle.

Un peu de recyclage, ça fait pas de mal. © Victor Didelot

Conception

1) Marquez le centre et le tour du roulement sur le carton, il sera le centre du hand spinner. A 2 ou 3cm du centre, marquez autant de points que vous voulez de branches sur votre hand spinner. Attention : veillez à ce qu’il soit bien équilibré ou il ne tournera pas bien (3 branches ont un angle de 120° entre elles, 4 branches = 90°, 5 branches = 72°, à vous de faire les calculs pour la suite).

Tant que la forme est symétrique, le hand spinner ne sera pas déséquilibré. © Victor Didelot

2) Les points seront les centres des roulements pour les branches (photo ci-dessus). Une fois la forme de base dessinée, vous pouvez esquisser votre design personnel : étoile, rond, carré, shuriken, etc. Si votre carton est trop fin, répétez l’opération et collez chaque couche jusqu’à ce que le hand spinner soit aussi épais que les roulements. Découpez les contours au ciseau et les trous au cutter.

Vous pouvez aussi personnaliser les caches des roulements. © Victor Didelot

Enfilez les roulements dans les trous. Et voilà !

Makery vous fait tourner la tête avec un hand spinner très DiY. Retrouvez vite notre tuto sur Makery.info ! #tuto #DIY #handspinner #spinner

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Trop simple ? On vous a trouvé quelques variantes.

Le hand spinner à vis et écrous de Dr Nozman

Le youtubeur Dr Nozman s’énerve contre les hand spinners qui coûtent cher. Un seul roulement, quelques vis, des boulons, de la colle et le tour est joué pour 3€. Voyez par vous-mêmes :

Le hand spinner pour Applemaniaque

Le testeur de produits Apple EverythingApplePro a eu une drôle d’idée. Prenez un iPhone, marquez le centre de l’appareil, munissez-vous d’une perceuse et faites un trou de la taille du roulement à billes. Félicitations, votre iPhone est maintenant un hand spinner de fortune. En revanche, votre iPhone est dead… (vidéo en anglais).

Le hand spinner dangereux de Joerg Sprave

L’objectif de The Slingshot Channel ? Rendre n’importe quel objet aussi dangereux que possible. Alors imaginez les idées que peut avoir son auteur, Joerg Sprave, quand un hand spinner lui tombe entre les mains… A noter qu’il a aussi fait une vidéo sur un lanceur de hand spinner. On vous déconseille fortement de le reproduire chez vous !

Pewdiepie entre dans la peau du hand spinner

Le youtubeur aux 55 millions d’abonnés continue sa série de vidéos complètement décalées pour suivre la mode du hand spinner… à sa façon.

Au SexTechLab: «Et on jouit comment avec ça?»

Sextoys et slideshows au menu du premier SexTechLab. @ Nicolas Barrial

Le premier hackathon du sexe s’est tenu du 19 au 21 mai à l’école 42. Si son principal sponsor était le leader du X, Marc Dorcel, l’évènement a privilégié l’approche éducative.

Nicolas Barrial

On connaissait la fashion tech, l’éducation tech, les civic tech, et le sexe alors ? Voilà, c’est fait ! Une soixantaine de développeurs, designers, makers et growth hackers (marketing oblige), se sont retrouvés du 19 au 21 mai à l’école 42, dans le 17ème à Paris, pour le SexTechLab, tout premier hackathon du sexe en France à la baseline alléchante : « 50 heures pour innover dans le plaisir ». A l’initiative de l’association pour entrepreneurs dans l’innovation ADN Startup et du collectif de designers Humain-Humain (dont fait partie Gille de Bast, un maker proche de Makery), 69 hackathoniens se sont inscrits (si-si-sic), dont une vingtaine issus de l’école 42. Une moyenne de 25 ans et, fait notoire, presque à parité entre filles et garçons.

Grégory Dorcel prodigue ses conseils aux hackatoniens du sexe. © Humain-Humain

Marc Dorcel, sponsor poids lourd

Le programme annonçait un intervenant surprise en ouverture vendredi 19 mai, qui n’était autre que Grégory Dorcel, fils de Marc Dorcel et PDG du leader français du X, qui s’était porté mécène principal de l’événement à quelques jours du lancement, devant des partenaires plus traditionnels des hackathons (Viva Technology, Futur en Seine ou les imprimantes 3D Dagoma). Pour Marc Dorcel, qui a fait fortune dès 1979 à l’âge d’or de la VHS, prospéré à l’ère du Web, et épousé la réalité virtuelle dès 2015, le SexTechLab était l’occasion d’annoncer le lancement du Dorcel Lab, un « in“cul”bateur mondial pour start-ups osées », dixit Grégory Dorcel. Et d’ajouter qu’un projet du SexTechLab serait le premier incubé. Ce lot s’ajoutant à d’autres (formation à la création d’entreprise en trois jours offerte par The Family, six mois dans l’espace Be-Coworking, etc.).

Porn mais cœur

Vendredi toujours, place aux pitches, des présentations courtes de vingt-cinq projets, dont dix ont été retenus. Parmi lesquels, les plus makers sont Flextoy, un sextoy modulable pour personnaliser l’objet (taille et accessoires à pluguer), Cup+, une coupe menstruelle connectée, Heart Sensation, un sextoy « as a service », vibrant au rythme du cœur de son partenaire.

Les seniors au désespoir que Tumamm entend remettre sur le marché de l’amour. © Nicolas Barrial

Côté services en ligne, un site « pour trouver un mec à ma mère », cri du cœur de la porteuse du projet Tumamm, vainqueur à l’applaudimètre pour ses saillies drolatiques sur « les sites de rencontres senior qui ressemblent à celui de la CAF ». L’initiateur du projet Porn it Yourself, le « Airbnb du film porno », a bien fait rire lui aussi, surjouant le producteur hâbleur qui s’invite chez les partouzeurs pour les filmer.

Place ensuite à la sexualité mode d’emploi, avec le projet de la youtubeuse Clemity Jane, qui voudrait faire du conseil en achat de sextoys et en vendre, la plateforme XYStories, qui veut partager « les histoires X de la génération Y », ou encore le chatbot Ali(x), un robot conversationnel calé en sexualité. Offline, la box Oserez-vous entend briser les tabous, avec matériel et guide à la clé.

Porn it Yourself signera-t-il la fin du chômage pour les intermittents du X? © Nicolas Barrial

Le sextoy, l’iPhone du sexe

Les équipes de Marc Dorcel confiaient avoir suivi les expériences sextech de Gille de Bast et Aurélien Fache (autre complice de Makery), notamment le sextoy contrôlé par la pensée. Il faut dire que le sextoy représente 22 milliards sur les 30 milliards de dollars estimés du marché du sexe dans le monde ! Pas étonnant de le retrouver au menu de la moitié des projets sur lesquels les équipes allaient devoir plancher jusqu’aux présentations dimanche, 16h30. Libre à chacun de rester la nuit, l’école 42 ne dort jamais.

Gille de Bast interviewé après la démo de son sextoy contrôlé par la pensée. © Humain-Humain

Pour soutenir les participants, pas moins de vingt mentors avaient répondu présent, parmi lesquels Sophie Gravier, fondatrice du site de rencontres lesbien La garçonne, Emanuel Allely, cofondateur de l’Usine IO ou Frédéric Assémat, fondateur du site de libertinage Gentle. Le tout agrémenté de conférences courtes, comme celle du conseil en stratégies de l’innovation Olivier Ezratty sur « la valeur émotionnelle des objets connectés ». Avec le sextoy, ça prenait tout son sens !

Beaucoup d’émotion avec ce proto maousse costaud de l’équipe Flextoy. © Nicolas Barrial
Ça gigote en finesse chez Heart Sensation. © Nicolas Barrial

Un terrain miné: les ados

Tous n’ont pas passé le week-end à prototyper. Certains avaient déjà leur audience, comme XYStories ou Clemity Jane et ses 54000 abonnés, et cherchaient plutôt un modèle économique viable. D’autres ont créé leur proto sur place, comme Heart Sensation, qui est parti de la capacité de l’Apple Watch à capter les battements de cœur. Tandis que côté Ali(x), on faisait la feuille de route des tests pour une intelligence artificielle en terrain miné : les ados et le sexe ! Quant à Cup+, la problématique de l’innocuité des ondes dans un vagin a dirigé l’équipe vers l’étude des pacemakers.

L’équipe Cup+ cogite autour de Charles-Edouard, codeur de l’école 42. © Nicolas Barrial
Ça cogite aussi en terrasse autour de Clemity Jane. © Nicolas Barrial

Dimanche, à 16h30, tous avaient quelque chose à présenter aux neuf membres du jury, dont Christel Le Coq, fondatrice du sextoy connecté à la littérature érotique B.Sensory, Marie Réveilhac, fondatrice de Dans ma culotte, ou Marc Pointel, auteur du site Le roi de la capote. En donnant parfois de sa personne, comme le présentateur d’Heart Sensation, qui a sauté à la corde pour augmenter les vibrations du sextoy de son partenaire imaginaire.

Le proof of concept de la corde à sauter ? Non, activer les pulsations cardiaques rendues dans le #sextoy porté par le partenaire. #sextechlab #ecole42

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L’équipe du bot Ali(x), une tech complice pour éduquer. © Nicolas Barrial
Le garçon qui voulait régler son compte aux tampons avec Cup+. © Nicolas Barrial

L’occasion pour le doyen du jury, le sexologue Jacques Waynberg, d’envoyer quelques vannes de papy boomer aux générations X, Y et Z : « Et on jouit comment avec ça ? » ou « c’est une fabrique à éjaculateurs précoces ». Toutefois, le ton du hackathon a plutôt été à la retenue, les différents intervenants évoquant une responsabilité vis-à-vis d’une jeunesse livrée aux sites porno gratuits. Un cadre de Marc Dorcel confiait son ire de parent face à la notoriété du « Merci Jacquie et Michel » dans les cours de récré, gimmick des utilisateurs de ce site plutôt hard. Mais plus le temps de tergiverser, le jury se réunissait en conclave pour délibérer.

Jury et organisateurs, quelques minutes après la délibération. © Nicolas Barrial

Un palmarès à la Prévert

Et c’est donc le plus « éducation sexuelle » qui a emporté le premier prix, Ali(x), le copain chatbot porté par Sarah Lecoffre, tandis que les seniors de Tumamm et l’appli Can U ont pris respectivement les deuxième et troisième places. Marc Dorcel a (logiquement) remis son propre prix à Porn it Yourself, le plus adapté à l’incubation au Dorcel Lab. Une belle concurrence pour Jacquie et Michel en perspective…

La porteuse du projet Tumamm a reçu un jeu Dorcel en plus pour sa maman. © Nicolas Barrial

Dans le cadre du festival Futur en Seine: le SexTechLab propose la conférence «La tech va-t-elle sauver la sexualité ou bien détruire nos relations?» (9/06, 16h30-18h); Aurélien Fache expose son expérience sextech «In bed with Thomas Pesquet» (8/06, 14h-19h)

E-Fabrik: prototyper avec et pour des personnes handicapées

La ligne de temps, un proto lumineux conçu lors du défi E-Fabrik. © E-Fabrik

Défis relevés pour la deuxième saison d’E-Fabrik! Le 17 mai étaient présentés une vingtaine de prototypes réalisés dans des fablabs par des jeunes associés à des personnes handicapées.

Victor Didelot

Trente prototypes, 300 participants et une grande fête au Chalet du lac à Vincennes le 17 mai. C’est le bilan de la deuxième saison du défi E-Fabrik, une association solidaire montée par les associations de médiation scientifique Traces et les Atomes crochus afin de rapprocher des personnes handicapées, des jeunes et des fablabs. L’association francilienne, après une première édition en 2016, a mobilisé treize villes d’Ile-de-France pour prototyper avec et pour des personnes en situation de handicap, qui participent et apprennent du même coup à utiliser les outils dans les lieux de fabrication numérique de leur ville.

La photo de famille de la deuxième saison des défis E-Fabrik. © Victor Didelot

Mercredi 17 mai, pour clore ce deuxième défi E-Fabrik, était donc organisée une fête où étaient présentés vingt des trente prototypes développés depuis décembre 2016, en présence des « associés » (les personnes handicapées), des « apprentis » (les jeunes) mais aussi de quelques « complices » (les labs). Ces protos sont directement issus des besoins exprimés par les personnes en situation de handicap, comme ce range-canne pour non-voyant ou ce matériel pour boccia (une forme de pétanque en catégorie handisport), qui permet à Gilbert (et à tout autre amateur de boccia, désormais) d’être autonome dans sa pratique.

Une frise-horloge

Prenons l’exemple de la conception du prototype de la « ligne de temps ». Cette frise-horloge qui permet d’appréhender les moments de la journée a été réalisée par Tes, Guillaume et Boubakar, trois jeunes en formation dans le cadre du Passe numérique Cnam, par Caroline, Daniel et Sambou, de la Maison d’accueil spécialisé (MAS) Alain-Raoul Mossé, avec la complicité du SimplonLab (dont on vous parlait ici).

Déjà deux projets E-Fabrik en 2016 s’étaient penchés sur la matérialisation du temps, l’horloge 24 heures et l’éventail du temps. A la MAS Alain-Raoul Mossé, bien des usagers ont des difficultés avec le temps. Se repérer dans la journée est une problématique généralement très présente dans les lieux d’accueil et de vie de personnes en situation de handicap. L’idée du projet est donc de créer un objet leur permettant de mieux saisir l’avancée du temps.

Au cours d’ateliers, l’équipe a défini les objectifs de son projet : symboliser le temps qui passe (de 9h à 16h), identifier les différents moments de la journée, donner des repères sur les temps de vie à la MAS, rendre compréhensibles les changements d’activités…

Tout commence par un brainstorming entre «apprentis» et «associés». © E-Fabrik

Après avoir discuté de la forme de l’objet, le groupe s’est ensuite mis d’accord pour une frise, un objet plus facile à lire qu’une horloge. Ils voient grand, en l’imaginant de 2m de long et 40cm de large, pour que les pictogrammes soient bien visibles. Le passage du temps est figuré par une bande de LEDs courant tout le long du bord haut de la frise. En début de journée, toutes les LEDs sont allumées. En s’éteignant au fur et à mesure de la journée, elles donnent à voir le temps qui passe.

La frise prend forme d’abord en papier. © E-Fabrik

Les pictogrammes doivent servir à indiquer les moments de la journée à la MAS : les temps de groupe et d’activités, les repas, les temps calmes et les moments à la maison (en début et en fin de frise).

Une maquette papier

Le groupe se lance dans la réalisation d’une maquette sous forme de dessin, presque grandeur nature (1m50 de long). Puis décide du matériau qui sera utilisé pour la frise : les panneaux pour les pictogrammes seront en médium et l’armature en tasseaux de bois.

Les panneaux de pictogrammes sont troués pour pouvoir les illuminer. © E-Fabrik

Les apprentis vont pouvoir mettre à profit leurs compétences personnelles, mais aussi se former à beaucoup de techniques différentes puisqu’il leur faudra à la fois prendre en main un logiciel de dessin vectoriel (Inkscape), s’initier à la programmation avec Arduino, manier des outils, et peut-être modéliser en 3D. Pour illuminer les pictogrammes, le choix est fait de percer une multitude de trous le long du tracé des dessins. Tes et Guillaume s’attachent donc à modifier les pictogrammes sur le logiciel en ajoutant des cercles rouges qui seront des guides pour les emplacements où faire les trous.

Les pictogrammes terminés, ne reste plus qu’à les illuminer avec des ampoules. © E-Fabrik

Et l’électronique dans tout ça ? Un ruban de LEDs permettra de matérialiser le passage du temps avec les LEDs qui s’éteignent au long de la journée au-dessus des pictogrammes. Après quelques visites au SimplonLab, les apprentis ont appris à contrôler le ruban et les ampoules qui permettent d’illuminer les pictogrammes grâce à une carte Arduino.

La ligne de temps présentée à la grande fête E-Fabrik. © Victor Didelot

Le prototype est maintenant terminé, il ne reste plus qu’à le tester ! Pour sa présentation à la grande fête E-Fabrik, les panneaux ont été colorés et le groupe a ajouté un interrupteur pour choisir entre heure d’hiver et heure d’été. Le groupe a aussi fait quelques modifications sur les panneaux afin qu’ils soient modulables et s’adaptent à n’importe quelle structure d’accompagnement.

Bientôt, le tuto de la ligne de temps sur le site d’E-Fabrik

Eniarof, les alters du joystick à ICI Montreuil et dans un livre

Sur «Flippaper», on dessine le parcours de la balle et on flippe. © Nicolas Barrial

Alors qu’Eniarof célèbre douze ans de fêtes foraines déviantes dans un«livre Frankenstein», ICI Montreuil accueillait une miniversion de l’événement néopunk.

Nicolas Barrial

A l’origine, en 2005, Eniarof (« foraine » à l’envers) était le projet de fin d’études d’Antonin Fourneau aux beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il détournait, sur le mode du DiY, les jeux d’arcade, les attractions foraines et autres juke-box d’antan. Depuis, l’artiste designer avec la complicité de l’artiste Douglas Edric Stanley (son professeur à l’époque) a organisé une vingtaine de ces rendez-vous ludico-artistiques publics en France, en Allemagne comme à Moscou (on vous en parlait ici).

Faire et défaire l’attraction

Cette épopée créative qui privilégie le faire et l’étrangeté, sorte de freak show du jeu d’arcade, est retracée dans BookNIAROF, un livre façon livre de cuisine (des attractions et les recettes pour les reproduire). L’ouvrage qui vient de paraître était lancé les 12 et 13 mai au makerspace ICI Montreuil, avec pour l’occasion un mini-Eniarof. Retour en images.

«Slam the Arcade Age»

Par le collectif One Life Remains. Dans ce jeu de course à quatre joueurs, plutôt que d’utiliser les pouces, les participants écrasent les poings sur des manettes destructibles. On grimpe sur la table, on se bouscule, pour une console définitivement plus punk que la Wii.

Slam the arcade game par le collectif One life remains. #eniarof

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«Tetris Adventure»

Par Florent Deloison. Preuve de la solidité de la communauté Eniarof, ce Tetris à commandes littérales (« droite », « tourne », « tombe »… à écrire en toutes lettres) a été conçu par Florent Deloison en 2010, alors qu’il était étudiant à Aix. Aujourd’hui artiste et professeur, il poursuit l’amélioration de ce concept qui met le feu aux neurones.

Les fautes de frappe, ça ne pardonne pas! © Nicolas Barrial

«RR»

Par Antonin Fourneau. Devant la scène vide, on pensait avoir loupé le concert. Les plus malins ont enfilé les perruques qui coiffaient les micros et se sont lancés dans un headbanging effréné (le rite capillaire des hard rockers, façon air guitar avec les cheveux) et la musique s’est mise à tonner et les spots à suivre le rythme. Bien joué.

Le headbanging devient l'instrument – Installation RR d'Antonin Fourneau #eniarof

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«Motion Fiction»

Par Nathalie Guimbretière. Des dessins (membres, têtes d’animaux), un rétroprojecteur et trois boutons. Au début, on est comme une poule devant un couteau, puis on joue avec la disposition des éléments et on déclenche une prise de vue à chaque fois. Et c’est déjà parti pour la projection de notre œuvre. Magique.

Motion fiction de Nathalie Guimbretière #eniarof

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«Gravity Scooter»

Par Alexandre et William Lejeune, Titouan Millet et Alexandre Vaugoux. Dans ce jeu poético-astronomique, deux joueurs s’affrontent dans l’espace pour mettre un projectile en orbite autour de planètes. Si le design naïf s’inspire de l’univers du Petit prince, un soin particulier a été apporté au respect des lois gravitationnelles.

Déco alu pour Gravity Scooter d'Alexandre et William Lejeune, Titouan Millet et Alexandre Vaugoux. #eniarof

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«Cuicuibox»

Par Jankenpopp, Lord Ki-Itchi et Sober. Le concept est simple, c’est la plus petite boîte du monde, mais sans videur à l’entrée. On se presse comme des sardines dans le carton de quelques mètres carrés pour écouter un guitariste live. Les murs ont tremblé, à tel point que la Cuicuibox a fini détruite, le musicien jouant toujours sous les décombres.

Cuicuibox la plus petite boîte du monde de Jenkenpopp, Lord Ki-itchi et Sober #eniarof

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«A battre»

Par Raphaël Isdant. Un Street Fighter et deux batteries. Chaque élément des batteries correspond à une commande. Si c’est un peu tempête sous un crâne pour sélectionner son personnage, le combat gagne beaucoup en intensité à coups de cymbale et de grosse caisse.

A battre de Raphaël Isdant. Un #streetfighter à la batterie # eniarof

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D’autres installations étaient également présentées à ICI Montreuil, dont Makery vous avait déjà parlé, dont Duke Make-up de Chloé Desmoineaux, un jeu de tir à la première personne à coups de rouge à lèvres, Shooting in the Rain de Manuel Braun et Antonin Fourneau, un ball-trap avec un parapluie en guise de fusil (que vous pouvez retrouver en Bricole it Yourself) et Flippaper de Jérémie Cortial et Roman Miletitch, un Flipper dont on dessine les obstacles.

Flippaper de Jérémie Cortial et Romain Miletitch. Les obstacles dessinés deviennent tangibles. #eniarof

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Un «livre Frankenstein» pour fabriquer des jeux-monstres

L’objet de la rencontre, c’était la sortie de BookNIAROF, sous-titré « Guide de bricolage pour fabrication de fêtes foraines ». Si le livre restitue l’ambiance de la vingtaine d’Eniarof organisés depuis douze ans, avec toujours un système d’atelier de fabrication DiY en amont, il offre surtout des tutos pour fabriquer soi-même des OLNI (objets ludiques non identifiés). Comme l’explique Antonin Fourneau, « c’est une façon de casser le ghetto de l’art numérique en disant que oui la technologie, ça peut être un truc dans une cage en bois, et pas une station graphique boîte noire impénétrable ». Et d’ajouter : « Eniarof est un terrain vague. À ceux qui vont y venir de définir ce que l’on y met. » A vous de jouer !

Antonin Fourneau et Douglas E. Stanley présentent «BookNIAROF». © Nicolas Barrial

«BookNIAROF, guide de bricolage pour fabrication de fêtes foraines», d’Antonin Fourneau et Douglas Edric Stanley, mai 2017, 296pp., 19-80 Editions, 19€

Maker girls at the Fabfest

The female maker movement in Toulouse. © Montage by Makery

#Fablab Festival. In Toulouse, the talks, barcamps and round tables were furiously lacking in women. Makery managed to meet a few female makers, however, their pockets full of projects.

Pauline Comte

Toulouse, special report

When the round tables are primarily male, when the Airbus hackathon with the students of Epitech Toulouse presents only two female students out of an entire class of dashing future engineers, when the Drone Challenge Trophy attracts only men, it’s time to look for the ladies at the Fablab Festival! Makery chose to spotlight a few of them.

Thanks to Peggy Ravin, Martinique will have its fablab

Peggy Ravin, founder of Martinique’s first fablab. © Pauline Comte

Martinique will finally have its very first fablab, thanks to the initiative of a woman. Peggy Ravin, 42, admits she discovered the world of fablabs quite by chance. As her professional career took her through start-ups and human resources, she began to understand the potential of fablabs in terms of training and social integration.

“I wanted to create an activity that was useful to society. For me, a fablab is first and foremost a space for emulation where the human dimension prevails,” she explains. She wants her lab to be open to people the furthest away from digital media and employment, and especially to women. “In Martinique where the unemployment rate is high, only 30% of small businesses have a website. The problem is that, even if there are job vacancies, people aren’t trained in digital tools,” she says.

After a training course in 3D modeling and digital fabrication at Artilect in 2016, she set off on her adventure. The same year, her Up & Space Martinique won the prize for social and solidary economy projects awarded by the French Ministry of Overseas Territories. This success opened the door to more funding, especially European. The opening of the space is scheduled for May 2018, but the venue is already chosen, much to Peggy’s delight. Martinique’s first fablab will be located in Sainte-Luce… inside a former nightclub.

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Hélène Carrel, down the slopes to a mountain fablab

Hélène Carrel, photographed not in Toulouse but in Switzerland, which explains the pine trees… © Sebastien Hintz CC-by-SA

“We’re almost there… We tried to gather as much support as possible before making an official request to the city, to have all the odds in our favor. And we succeeded—several institutions (school, museum…), associations, collectives and independent organizations provided us with written support of concept.” We met Hélène Carrel, independent design engineer, in Toulouse, a couple months after our columnist Dcalk met her in Switzerland at the Ludesco games festival.

A team of ten people is behind Ici Autour, a fablab for La Chaux-de-Fonds, population 38,000. “Our profiles are distributed between arts and communications (graphic artist, designer…) and technical fields (engineer, clockmaker, physicist, electrical engineer…),” a mix that “reflects the region quite well, given its clockmaking heritage”.

“The problem is not the machines (a bunch of people have promised to provide them for us) or the community (we already have 408 people who support the fablab). But in Switzerland, it gets cold in winter. So we need a space that is not too big or energy-consuming.” When we express surprise that the local maker community is so big, even before the opening of the space, Hélène, 28, laughs. La Chaud-de-Fonds has a blue-collar history and a well-entrenched tradition of collective self-reliance. The residents are mobilized, providing “more than half of the support”, but “the rest comes from the neighboring communes and Neuchâtel, where people are already familiar with the concept. Moreover, this graduate of Neuchâtel’s Haute Ecole ARC school also has experience as the “labmanager” of Neuchâtel’s own fablab. “Our fundamental goal was to offer a fablab to the communes in the mountains of Neuchâtel.” She hopes that Ici Autour will see the light later this year.

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Adélaïde Albouy-Kissi dreams of an “Erasmus of fablabs”

Adélaïde Albouy-Kissi, teacher in Auvergne. © Victor Didelot

Adélaïde Albouy-Kissi, lecturer in computer science at the technical institute (IUT) in Puy-en-Velay, Auvergne, directs the institute’s Lab’ du Pensio fablab, which opened in early 2016. Adélaïde made an announcement during a talk on May 12: a new “maker” undergraduate program will begin in September and lead to a university degree.

Lab’ du Pensio, which earlier this year moved into a former boarding house a few steps away from the IUT, is not just the students’ fablab—it’s open to everyone. “I want to democratize the maker movement,” says Adélaïde. In order to do so, in addition to providing access to machines and support to projects that contribute to dynamic innovation, Lab’ du Pensio will offer a “maker” course, exclusively at the IUT, that includes 400 hours of training in digital fabrication (CNC, 3D printing, etc.), advanced design (modeling, computer assisted design, simulation, etc.), as well as virtual and augmented reality.

In the future, Adélaïde would like to add a “maker” master program and linked training. And why not an “Erasmus of fablabs”?

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Delphine Bézier, a solution for each disability

Delphine Bézier at the My Human Kit stand. © Pauline Comte

It has already been two years since Delphine Bézier joined My Human Kit. The organization that makes “disability the motor for new projects” is known for the Bionicohand prosthesis. After having his hand amputated following an accident at work, Nicolas Huchet designed a 3D-printed bionic hand, which led to creating the organization in 2014. After one year as a volunteer, Delphine, a 40-something “experimental music and noise fan”, was hired in 2016 to document projects, and later as the fabmanager of Humanlab, My Human Kit’s fablab, as soon as it opened in Rennes in January 2017.

Delphine is currently leading the Binoreille project, a headset for people with unilateral hearing loss. This prototype headset allows sound to resonate through the skull.

For the first time at the Fablab Festival, the My Human Kit stand is packed. “We met start-ups and manufacturers that were very receptive and ready to invest. It’s important for us to be present at this kind of event. We also hosted a round table on crossovers between disability, digital and social.” It’s one step further in My Human Kit’s plan to co-create an international network for the development of technical aids for disabilities, by bringing together people from fablabs and the fields of health and rehabilitation.

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Amandine Garnier stays focused on low-tech

Amandine Garnier from the Low-tech Lab in Toulouse. © Pauline Comte

An expedition on a burlap sailboat, a stove made from aluminum cans, a household windmill… This inventory is but a glimpse into the activities of Amandine Garnier and the Gold of Bengal organization, which she presented at the Fablab Festival.

After her studies in marketing, Amandine “preferred to go into sustainable development rather than selling yogurt for advertising”. She interned at Gold of Bengal… and hasn’t left since. She is now the organization’s head of coordination and development. The Gold of Bengal adventure began in 2009 with the Tara Tari sea expedition, led by Corentin de Chatelperron. The engineer was setting off for Bangladesh on a sailboat designed out of burlap. In February 2016, a new expedition called Nomade des mers launched the Low-tech Lab. The crew’s mission: to prototype, document in open source and offer low-tech solutions to local problems around the world.

“In order for the maker movement to truly serve sustainable development, and not just 3D-printing Yoda figurines,” according to Amandine, we must mobilize fablabs, give them challenges and make tools with them. From July, the Low-tech Lab will travel through France to meet makers and sustainable initiatives to “promote the image of DIY” and map out the actors of low technology.

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France Affidi hacks silence

France Affidi presents Hackoustilab. © Valérie Dagrain CC-by-SA 4.0

In the darkness of Hackoustilab, artist France Affidi guides us through this micro museum dedicated to hacking acoustics. Presented for the first time at the Fablab Festival, the project launched in 2016 in the Architecture Lab at Artilect. The idea was to transform acoustics into artwork by deploying a mini architecture, halfway between sound installation and mediating device. “The project is managed by both Artilect and partner companies,” says France. “Our co-making approach led us to this idea of a micro museum of acoustic, modular and mobile art, which we want to present in its definitive form at FAB14, before touring exhibitions.”

To explain how it works, France uses visual references: “Imagine a black spot on a canvas. Depending on the color or texture of the canvas, we will perceive the spot differently. So here, the spot is the sound, and the canvas is the acoustics.” Visitors follow a 28m² path through several installations that gradually immerse them in a world where silence becomes increasingly dense and present. “People can experiment with the influence of sound on matter, for example, through floating echos with infinite rebounds. But near the end of the course, we insert lengths of silence using an electronic system of active noise control. In a way, the sound is erased. At the end, visitors are immersed in total silence, while observing the outside through a window.”

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Ojasvi Gupta, frugal innovation without moderation

Ojasvi Gupta, from Workbench Projects, Bangalore’s first makerspace. © DR

Ojasvi Gupta was not disappointed by her first trip abroad. “I’ve never seen so many makers in one spot,” she says. “I was super kicked about the sheer number of ideas floating around and how accepting they were of newbies like me.”

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Workbench Projects, le makerspace sous le métro de Bangalore

Three months ago, this 23-year-old engineer, passionate about frugal innovation, applied to participate in the Fablab Festival. As one of the speakers in the “Hardware innovation ecosystems in Europe and Asia” round table, Ojasvi presented Workbench Projects, a makerspace inaugurated in 2015 in India… under a metro station in Bangalore! The quirky space of 460m² includes a cafe, a start-up incubator, a coworking space, a fablab and even a tools shop. From a middle-class background, Ojasvi was among the Indian finalists of the international 25 Under 25 competition organized by the Internet Society. It was there that she discovered the maker movement and decided to be a part of it by joining Workbench Projects.

What does she consider to be frugal innovation? “My view is not complete yet, but what I do understand is, innovation in itself isn’t everything. We all come up with solutions for teeny-tiny things every day without even blinking. If any maker/entrepreneur/innovator has to look at creating a solution, she/he has to look at three factors: Is the solution complete? Is it optimized? Does anyone even need it? People often forget one out of these three!” She encourages people to ask themselves why, rather than how. For example, she cites the futility of some wearables and “all that amazing technology crammed into a band for the simple purpose of telling me how many calories I ‘might’ have burned today”. What does she think of the Fabfest? “I was slightly apprehensive before about coming to France, but now I hope I come again next year for FAB14!”

Workbench Projects website

Constance Garnier, the good fairy of the Fablab Festival

Constance Garnier, between coordination and writing her thesis. © Carine Claude

Who at the Fablab Festival doesn’t know Constance Garnier? Ever since the first edition of the event in 2015, the dynamic 24-year-old has been joyfully coordinating relations between fablabs and makers. Her role is to “oil the cranks” between people involved in the organization and programming. “Little by little, the organizing team has grown,” she says. “Communication is going well, and it’s a good thing to pass the relay in order to get a fresh perspective on what we’re doing.”

She says that after the first two editions dedicated to promoting the movement and the projects, the Fablab Festival can now let the fablabs present their concrete realizations to the public. “That was our goal. Now I mostly provide support, even if I still coordinate the Fablab Thursdays,” explains this Ph.D student at Télécom Paris Tech busy until 2019 with her thesis on makers and frugal innovation. It gives her the chance to step back, while still being involved as facilitator and mediator within the fablab network. “I don’t see myself stopping, because I’m passionate about this world. For me, the balance is in keeping my feet on the ground while also keeping the scientific distance necessary for my thesis.”

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A Super Demain, la génération Z prend le contrôle

Atelier comme à la télé: des enfants interviewent Marc Janois, du réseau Canopé. © Elsa Ferreira

Du 12 au 14 mai à Lyon, Super Demain invitait parents et enfants à découvrir les acteurs de la culture numérique. 45 ateliers, 15 conférences et 6000 visiteurs.

Elsa Ferreira

Lyon, envoyée spéciale (texte et photos)

La génération Y peut trembler : si les millennials sont tombés dans la marmite du numérique quand ils étaient petits, la génération Z (née après 1995), elle, a la recette. Du 12 au 14 mai à Lyon, et pour la deuxième année consécutive, Fréquence Écoles, association d’éducation aux médias, organisait Super Demain, un week-end d’animations, de conférences et rencontres autour de la culture numérique, dont Makery était partenaire.

Carton plein : 6000 personnes se sont pressées dans le « laboratoire de création artistique » Les Subsistances, soit 1500 de plus que l’année dernière. Après une première journée réservée aux écoles, le public était invité à participer à quelque cinquante ateliers et à assister à une quinzaine de conférences, dont une sur le hacking et les fablabs, animée par Makery. Vaste programme où se retrouvent les indéboulonnables libristes Framasoft et autres Wikimédia, mais aussi les acteurs locaux : les médiateurs numériques Les Bricodeurs, le biohackspace La Myne ou encore l’usine collaborative Youfactory.

Représentation spatiale pixelisée

Construction de Lyon en pixels sur «Minecraft».

Parmi la pléthore d’activités, un atelier Minecraft où les enfants reconstruisent le bâtiment historique des Subsistances en pixels. De l’autre côté de la table, on s’active à reproduire les endroits symboliques de Lyon sur une carte à échelle. « On peut poser des hypothèses, comme ce qu’il se passerait si le niveau d’eau montait dans la ville ou représenter le bâtiment comme il était il y a une centaine d’années », explique Jocelyn Bouilhol, cofondateur de l’association Metaverse City. Pour les adeptes du détail, souligne-t-il, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) a développé des cartes complètes de villes pour Minecraft.

Un peu plus loin, Myrtille Gritte présente Wasteblasterz, un jeu vidéo développé par le studio de création Dowino et Smart Electric Lyon, un programme d’EDF autour de la ville intelligente. Le principe : chasser les déperditions d’énergie, représentées sous forme de monstres, les Wastivores. Lancement prévu le 24 mai. A côté d’elle, un vélo aux airs de vélo générateur simule les pics de consommation d’énergie. « On ne consomme pas de la même façon toute la journée, explique-t-elle. Entre 17h et 19h, c’est le pic : la pente sera plus rude. A 22h, ça reprend un peu, avec les machines à laver… »

À partir de 19h, il faut pédaler sec.

Design thinking

Éduquer les enfants, mais aussi leurs enseignants et parents. Dans l’espace chapiteau, on présente les formations disponibles aux apprentis travailleurs du numérique avec Coding Club Epitech et celles destinées à leurs profs avec Class’Code.

On découvre aussi le métier de fabmanager et le design thinking avec Jean Nelson, fondateur et patron de l’usine collaborative Youfactory. « Je leur dis “Attention, je vais vous poser un problème” », rejoue-t-il en sortant son téléphone portable pour y lancer un morceau dont les notes se perdent dans le brouhaha. « Voilà, c’est ça le problème ! » Place au brainstorming. Des collégiens dessinent des caissons de résonance, d’autres imaginent des écouteurs en réseau, des puces pour entendre la musique directement dans le cerveau ou des casques pour filtrer le bruit alentour. En vingt minutes, pas le temps de passer à la phase prototypage. « L’étape d’après, c’est l’impression 3D », conclut Nelson.

Après l’effort, le réconfort. A l’entrée de l’espace rétrogaming, un atelier Snapchat : il s’agit d’un jeu pour se mettre dans la peau d’un ado qui partage ses selfies sur le réseau social. Comment dire en image « mes parents sont relous » ou « le wifi ne passe pas » ? De quoi engager la conversation sur l’appli symbolique de la fracture générationnelle numérique et se rassurer sur les bonnes habitudes des plus jeunes. Alors qu’il s’avance pour se prêter au jeu, un jeune garçon d’environ 7 ans s’inquiète du sort de sa photo : « Ça va être sur le réseau ? »

Loqman et son interprétation de «J’ai presque plus de batterie».

En savoir plus sur Super Demain

Hack The Earth, le labo écolo décadentiste de Calafou

La colonie industrielle de Calafou, près du village de Vallbona d'Anoia en Catalogne. © CIC CC

Calafou, la colonie catalane éco-industrielle postcapitaliste, organisait du 14 au 16 avril Hack The Earth. Benjamin Cadon (Labomedia) raconte comment s’y dessine un chemin biopolitique soutenable et désirable.

Benjamin Cadon

Calafou (Catalogne, Espagne), correspondance

C’est un terreau de politique et de pratique qui se fertilise maintenant depuis cinq ans à Calafou à l’occasion de la manifestation Hack The Earth (HTE), à base d’ateliers, tables rondes et conférences. Le tout est structuré en trois zones spatio-temporelles : la zone « Hacking » où s’entremêlent technologies libres, arts et science ; la zone « Nouvelles structures » autour du coopérativisme, des modes d’organisation en réseau, de la fédération de compétences, et la zone « Matériel » où s’expérimente la réappropriation de matériaux traditionnels, où s’inventent de nouvelles techniques contribuant à plus d’autonomie.

L’ancienne colonie industrielle Calafou, à 60km de Barcelone. © CC CIC

Calafou, un lieu atypique d’anticipation du futur

Calafou est une ancienne « colonie industrielle » basée en Catalogne, à 60km à l’ouest de Barcelone. Il en existe une centaine dans la région, construites au XIXème siècle, héritage des premières heures de l’industrie du textile qui venait prendre l’énergie des rivières tout en regroupant ateliers, logements, écoles et lieux de culte dans une logique féodale et patriarcale de contrôle des travailleurs et de leurs familles.

C’est dans ce lieu que la Coopérative intégrale catalane (CIC) a choisi d’établir une nouvelle coopérative de logements sociaux en 2011 en proposant à son propriétaire une location avec option d’achat afin de lui redonner vie et d’y développer du bien commun et de nouvelles formes productives et économiques, dans une logique sociale et solidaire.

A ce jour, une trentaine de personnes y résident à l’année qui développent dans les 28000m2 du lieu les projets les plus divers : de la micro-brasserie, du développement informatique, du bio-art, des expérimentations électro-bio-chimiques, des collectifs gynépunks (un des projets de Pechblendalab), de la fabrication bois et métal, de l’autonomie énergétique et technologique, de la phytoépuration, un réseau de producteurs bio, la confection de repas… Sans oublier des événements thématiques qui regroupent souvent des gens issus de toute la planète, autour de sujets comme les moteurs écologiques, des outils autonomes pour l’Internet (backbone409), des ateliers de sécurité digitale, des journées portes ouvertes et anniversaires, un festival de cinéma rural, des rencontres de circassiens, des projets autogérés, des hackmeetings, des bibliothèques numériques publiques (Public Digital Library), des événements TransHackFeminist… Voyez plutôt par ici l’historique de tous les événements à Calafou.

Dans cet espace de Calafou se trouvent un biolab, un labo de philo, l’anarchaserver, le Pechblendalab et l’observatoire à oiseaux. © George Dafermos CC 

Bordé d’un côté par l’une des rivières les plus polluées d’Espagne et de l’autre par un pont routier, Calafou n’est pas un lieu de villégiature bucolique, mais bien plutôt un espace inconfortable et poétiquement attachant dans lequel surgissent de nouveaux imaginaires et se posent des questions sur le type de décroissance que nous voulons et comment opérer de la transformation en multipliant les zones d’interventions.

Des imaginaires gynépunks, transhackféministes, défendant la souveraineté technologique et le décadentisme sont directement liés à Calafou et ses habitants. Néanmoins, les défis restent nombreux, depuis la situation économique du projet, qui reste précaire, les processus de réhabilitation qui manquent souvent des matériaux adéquats et la vie collective du lieu qui implique inventions, contentions et consensus au quotidien. Au final, c’est bien cette trépidante aventure humaine (animale et végétale) qui en fait tout l’intérêt.

Calafou, plan du lieu. © Agent Liquide CC

Quatre éditions pour sauver la planète

Peut-être en faudra-t-il encore quelques-unes pour arriver complètement au but ? Toujours est-il que l’on retrouve d’une année sur l’autre à Hack The Earth des principes récurrents, notamment autour de l’idée de subvenir à ses besoins quotidiens par une approche low-tech du fabriquer ensemble. Il s’agit en effet d’imaginer comment construire et maintenir des infrastructures pour l’eau, l’électricité, le chauffage, les services informatiques, en étant le plus respectueux de la planète et le moins dépendant d’un système mondialisé.

Entre l’instrumentalisation de la nature et le commensalisme avec les végétaux, bactéries et champignons, des expériences et réflexions sont menées pour purifier l’eau, utiliser les plantes médicinales, suivre la qualité de l’environnement et la diversité de sa faune, produire du compost, dépolluer les sols, faire de la permaculture assistée par Arduino ou encore… laisser les poules en liberté.

La question de la colonisation des corps est aussi présente, de la médecine et gynécologie DiY à nos pratiques toxiques du quotidien. Les hackers écolos comme ceux tournés vers l’informatique échangent et créent de la connaissance autour de ces questions.

Atelier autour des plantes locales et de la cosmétique naturelle. © Larissa CC 

Quels modèles technologiques et organisationnels à suivre?

Plus d’une centaine de personnes issues principalement d’Espagne mais aussi de toute l’Europe se sont ainsi retrouvées pour l’édition 2017 de HTE qui s’inscrit dans cette continuité, avec une attention particulière portée sur les modes d’organisation alternatifs aux modèles dominants. Coopérative d’activités et d’emplois dans la région de l’Anoia, groupement professionnel de créatrices et développeuses féministes, coopérative de production d’énergie renouvelable, fédération des micro-brasseries de Catalogne : autant d’exemples qui démontrent qu’il est possible d’entreprendre autrement et surtout de façon plus solidaire.

Un regard critique est également porté sur les technologies numériques que l’on emploie abondamment sans toujours en mesurer le coût écologique et social. On discute du spectre électromagnétique comme d’un bien commun et les drones et autres caméras surveillent plutôt la qualité de l’eau dans la rivière.

On y apprend également comment réutiliser des batteries usagées, produire de l’électricité avec de la mousse, fabriquer des bicyclettes en bambou, fondre du métal avec de l’énergie renouvelable, faire du lockpicking, scanner un livre, écouter les chauves-souris, se détendre en écoutant une musique ondulatoire par le corps.

Atelier de fabrication de drones low-tech et de suivi de la pollution. © Larissa CC 

Enfin, un atelier d’écriture spéculative autour de technologies féministes est venu ensemencer les imaginaires d’un futur plus approprié à la coexistence sur cette planète des espèces vivantes et des appareils électronumériques avec lesquels on va bientôt se mélanger. Un futur fertile et désirable dans une symbiose transgenre de volupté augmentée.

Table ronde autour de projets coopératifs et de l’auto-emploi. © Larissa CC 

En savoir plus sur Hack the Earth 2017 (documentation des ateliers HTE 2017)

En savoir plus sur Calafou: l’éco-colonie organise des événements et des portes ouvertes en été, printemps et automne (chantiers de travail, ateliers et conférences) et reçoit des habitants temporaires. Lire aussi cet article de «Reporterre» et celui-ci, de la P2P Foundation

A Toulouse, un Fablab Festival XXL pour changer d’échelle

Affluence au Fablab Festival 2017. © Makery

#Fablab Festival. Une grande fête du Make plutôt que le rendez-vous des makers: le festival toulousain a accueilli 9000 visiteurs, du 11 au 14 mai. Avec un programme touffu de débats, ateliers et démos, une journée «pro» patronnée par Airbus et quelque 150 fablabs.

Annick Rivoire

Toulouse, envoyée spéciale

C’est Anthony Auffret qui a mis les pieds dans le plat, au dernier jour du Fablab Festival, dimanche 14 mai. Profitant d’une séance de questions sur la table ronde « Innovation et modèles économiques », cet historique du mouvement maker en France (les Fabriques du Ponant, les Petits débrouillards…) demande pourquoi rien n’a changé dans l’organisation du festival alors que Donald Trump est devenu président des Etats-Unis, que la présidentielle française a bouleversé le paysage politique français, que la COP21 est remise en cause… Avec un peu de mauvaise foi, mais un questionnement sincère : les makers ne sont-ils pas au cœur d’enjeux politiques de transformation de la société ?

C’est une tradition: le portrait de famille «fabmanagers» au Fablab Festival 2017. © Makery

Pour sa troisième édition du 11 au 14 mai, le Fablab Festival de Toulouse (dont Makery est partenaire) a pourtant changé d’échelle. Il a d’abord réussi son pari d’augmenter encore sa fréquentation : 9000 visiteurs (contre 7500 en 2016), dont 600 fabmanagers le jeudi et 1600 « pros » le vendredi, journée patronnée par Airbus. Une montée en puissance qui s’est faite avec plus de budget (autour de 150000€ cette année, selon Nicolas Lassabe, cofondateur d’Artilect, le fablab toulousain à la tête de la manifestation, contre 80000€ l’an passé), avec plus de pays représentés (20), plus de fablabs (150), plus d’exposants (95), et une dimension européenne affirmée via la thématique Make Europe (une quarantaine de fabmanagers, makers et invités européens).

La volière à drones, pôle d’attraction du grand public au Fablab Festival. © Makery
Autre «standard» du fabfest, l’imprimante 3D, qui intrigue toujours autant… © Makery
Les stands proposaient de multiples activités d’initiation à la bidouille électronique. © Makery

L’édition 2017 est de fait un succès public. Elle confirme la visibilité accrue du mouvement maker : le maire de Toulouse y a fait sa première visite, Airbus est devenu le sponsor de la journée « pro » – qui a pu hérisser les makers de la première heure avec ses concours de start-ups et son orientation business affichée. « Le but de cette édition était de rassembler les fablabs européens, de changer d’échelle pour préparer FAB14 (la conférence internationale des fablabs, qui se tiendra en France en 2018, ndlr). Il y a bien un élan, tout le monde à envie d’y aller », affirme Nicolas Lassabe.

Nicolas Lassabe, cofondateur et directeur d’Artilect, répond à la question: «C’est quoi un fablab?» © Makery

Cette édition de transition pour 2018, qui verra la France organiser la FAB14 du 17 au 24 juillet (la fabconf à Toulouse du 17 au 20, un fabfestival distribué le week-end et le Fab City Summit à Paris les 23 et 24), reflète les défis et enjeux posés aux makers. Jamais les fablabs n’ont été aussi nombreux, les institutionnels si désireux d’en être, les entreprises si curieuses de cette innovation ouverte qui promet de nouveaux modes de fabrication.

Nicolas Lassabe, le RFF, Fab City Grand Paris et la Fabfoundation sur scène pour appeler à la fabrication de FAB14 France 2018. #MakeEurope pic.twitter.com/Duz6m2JK5n

— Makery (@makeryfr) May 12, 2017

C’est l’édition du changement d’échelle, où les pionniers ont laissé de facto la place aux nouvelles têtes (comme dans l’organisation du festival, qui s’est professionnalisée). Concarneau, Narbonne, Millau, Vitry… Ces villes vont bientôt être équipées de fablabs. Leurs porteurs de projets arpentent les allées, participent aux barcamps, adhèrent au Réseau français des fablabs (RFFLabs), qui tenait le premier jour son AG. « Déjà trois nouveaux adhérents ce matin », se réjouissait vendredi Olivier Gendrin, son président. « Peut-être que le mouvement se banalise, reconnaît Nicolas Lassabe. Aujourd’hui, on est au pic, c’est le bon moment de cristalliser les choses. »

Avis de naissance de fablabs

Emmanuel Poisson-Quinton annonce l'ouverture du fablab @KankArLab dans un quartier prioritaire de Concarneau. #MakeEurope #fablabs pic.twitter.com/N4cRdTjHAm

— Makery (@makeryfr) May 11, 2017

Les fabmanagers de la Fedlab Occitanie. © Makery

Le stand des fablabs d’Occitanie reflète bien cette dynamique : il a déménagé trois fois au cours des quatre jours du festival ! Conçu brique à brique par les adhérents de la Fedlab Occitanie (on a arrêté de les compter pour la photo après Albi, Limoux, Rodez, Perpignan, Millau, Béziers, Lagardelle-sur-Lèze, Cintegabelle, et le fablab de Narbonne, inauguré deux jours avant le début du festival) et figurait un minifablab à lui tout seul.

Pas de « grande » politique donc, mais des tas de grands sujets de société ont été abordés au cours du festival. Il a notamment beaucoup été question de DiY et handicap, avec la présence de l’ambassadeur maker Nicolas Huchet et sa prothèse DiY Bionicohand.

"L'open source m'a redonné une forme de liberté" explique Nicolas Huchet, fondateur de @Bionicohand @MyHumanKit @FablabFestival #MakeEurope pic.twitter.com/xaerFqBZVb

— Makery (@makeryfr) May 12, 2017

Aux curieux, gourmands et joueurs…

Le frigo boîte de nuit a fait le plein… de bières.

Vous êtes plutôt techno ou country ? Servez-vous dans le frigo et la musique change selon la bouteille choisie. Le Frigo boîte de nuit est un projet réalisé par des étudiants en création numérique. Le secret de ce juke-box version 2017 ? Une carte Arduino est cachée dans le congélateur… #fabfestmkry @fablabfestival

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Les ateliers (pour enfants et adultes) ont aussi beaucoup plu, qu’il s’agisse de construire sa miniconsole de jeu (ci-dessous), de découvrir l’impression 3D, Arduino ou de fabriquer un détecteur de luminosité.

Atelier fabrication de console de jeu portable Kitco. © Makery

A l’extérieur, entre deux foodtrucks bioresponsables, les ateliers Discosoupe antigaspi ont offert des pauses goûter bienvenues.

Et une halte au jardin (partagé). © Makery

Ça bosse à l'extérieur de la halle d'Artilect pour l'atelier Disco Soupe de recyclage convivial antigaspi. #MakeEurope #toulouse #diy

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Sans oublier l’imprimante néerlandaise Focus de Byflow, pour chocolat et autres matières alimentaires, qui a beaucoup fait parler d’elle…

Miam ! Au Fablab Festival, un chef étoilé revisite sa recette de tarte au citron meringuée grâce à l'impression 3D. Sylvain Joffre, chef du restaurant En pleine Nature, s'est laissé séduire par la technique d'impression 3D alimentaire développée par Frits Hoff du Fablab Maastricht. #fabfestmkry @fablab_toulouse

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Si les questions politiques qui ont fait la une de l’actualité ont à peine été abordées, c’est peut-être aussi parce que le mouvement maker est encore jeune, qu’il porte des valeurs d’optimisme (DiY, upcycling et écologie du low-tech, Fabcity, éducation par le faire, réappropriation de la production à une échelle locale et personnalisée…). Et que le Fablab Festival, à travers ses démos de technologies agiles, de frugalité dans l’innovation, de modèles économiques réinventés, anticipe sur le monde ancien pour imaginer le futur !

Revivre le Fablab Festival 2017: nos portraits de makeuses, la fabcity sous l’œil critique de l’urbaniste Krzysztof Nawratek, les débats agités autour de l’éducation dans les labs et le live de Makery