Le Grand Prix de l’urbanisme 2019 décerné à Patrick Bouchain

Repas collectif à la MetaVilla, Pavillon Français de la Biennale d’Architecture de Venise, 2006 © Exyzt et Patrick Bouchain

Réuni le 8 avril à l’initiative du ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, le jury du Grand Prix de l’urbanisme 2019 a décerné le Grand Prix à Patrick Bouchain, architecte et scénographe.

Dans le milieu des collectifs d’architectes et des makers on connaît bien Patrick Bouchain. Il a inspiré plusieurs générations de constructeurs et a impulsé et soutenu de nombreux collectifs (voir à ce sujet notre chronologie à l’occasion des 50 ans de mai 1968). En témoigne le projet « Metavilla » qu’il avait conçu pour la Biennale d’architecture de Venise en 2006 et pour lequel il avait invité le jeune collectif Exyzt. Une première expérience qui avait profondément inspiré Julien Choppin et Nicola Delon de Encore Heureux, et qui firent revivre cet esprit pour le programme du pavillon français de la Biennale en 2018, en célébrant les valeurs de coconception, l’acte même de construire, « l’activation » du chantier comme une fête ouverte aux publics et aux habitants. Une pratique collaborative et pédagogique, à « Haute Qualité Humaine », que Patrick Bouchain a défendu au fil des années avec l’agence Construire (Nicole Concordet et Loïc Julienne).

Le prix salue « une personnalité forte de l’architecture et de l’urbanisme » et présente Patrick Bouchain comme une « figure de proue de la transformation de friches industrielles en lieux culturels et pionnier de la valorisation des lieux urbains délaissés ». Il aura ainsi marqué nos villes avec par exemple la transformation des anciennes usines LU en Lieu Unique (Nantes, 2000), la Condition publique à Roubaix (2003), ou le Channel, scène nationale de Calais (2005).

Le Prix souligne aussi la revendication par Patrick Bouchain d’un droit à l’expérimentation, relevant son « permis de faire » introduit par la loi relative à la liberté de création, architecture et patrimoine, et sa démarche expérimentale d’urbanisme et d’architecture intitulée « la preuve par 7 » qui propose un travail avec sept territoires d’échelles différentes (du bourg au département) afin de faire émerger des opérations sur mesure avec les acteurs de ces sites.

Le Prix rappelle enfin le travail mené dans les années 1980 par Patrick Bouchain en étroite collaboration avec Jack Lang, Ministre de la Culture de l’époque et maire de Blois, qui mènera à la création de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle-Les Ateliers, à la réhabilitation du jardin des Tuileries, ou à la mise en place d’un atelier public d’architecture et ­d’urbanisme à Blois. Ainsi qu’à un « atelier de production d’idées » sur les relations entre ville, friches et forêt, qui aboutira à la proposition dite La Forêt des délaissés (2000). Leur livre Le Pouvoir de faire, revenait d’ailleurs récemment sur cette époque. Une inspiration pour les générations nouvelles.

Le communiqué du Grand Prix de l’urbanisme 2019.

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