Koons, Abramović, Eliasson, trois superstars de l’art à l’assaut de la VR

Jeff Koons en pleine interaction avec «Phryne», sa ballerine virtuelle (capture écran). © DR

Jeff Koons, Marina Abramović, Olafur Eliasson… A son tour, le gratin de l’art contemporain se prend de frénésie pour la réalité virtuelle (VR). Les trois artistes ont collaboré avec Acute Art, une plateforme d’art en ligne basée à Londres spécialiste de la VR pour produire trois œuvres interactives. Fidèle à son esthétique pop et kitch, Jeff Koons a imaginé Phryne, une ballerine virtuelle à la peau de métal qui entraîne le spectateur dans une balade pastorale. « Je lui ai donné une surface métallique pour mettre en œuvre une transformation, explique-t-il dans la vidéo de présentation. Vous y voyez votre propre reflet, à partir de là, vous entrez dans l’abstraction. Votre présence est réelle, vous existez. »

Making of des œuvres VR de Koons, Abramović, Eliasson (en anglais):

Avec Rising, la performeuse serbe Marina Abramović convoque les spectateurs pour un face-à-face avec son avatar virtuel afin de dénoncer fonte des glaces et crise climatique. Même préoccupation naturaliste pour le plasticien et designer islando-danois Olafur Eliasson avec Rainbow, une installation virtuelle destinée à explorer le phénomène de l’arc-en-ciel. L’artiste, qui donne notamment les cours Why to Make (Almost) Anything à la Fab Academy, se penche ici sur les interactions entre le corps, la lumière et la matière.

Présenté le 8 juin en avant-première lors de Brilliant Minds au festival Symposium Stockholm, le projet rassemblant les trois œuvres devrait être lancé à l’automne 2017.

Rien de bien neuf sous le soleil pourtant, les artistes n’ayant pas attendu les stars de l’art contemporain pour faire de la VR leur terrain de jeu fétiche, à l’instar de David Guez et son VRLab. Alors, coup de marketing ou nouveau segment de l’art contemporain ? Comme le souligne dans son tweet l’artiste Golan Levin, pionnier du « software art » et des œuvres d’art génératives : « Leur VR ressemble exactement aux trucs que le monde de l’art tournait en dérision il y a vingt ans. »