L’Europe réfléchit à une taxe robot

Le robot livreur de Starship a commencé à travailler… sous la surveillance d’humains. © DR

Statut juridique, code éthique et situation fiscale… l’Europe se penche sur les robots. Le 12 janvier, les députés de la commission des affaires juridiques se réunissaient pour proposer des règles sur la robotique à adopter au niveau de l’Union européenne.

Déjà en mai 2016, la même commission proposait de doter les robots du statut de « personnes électroniques », ainsi dotées de droits et de devoir. L’idée ? Entre autres créer un code éthique déterminant la responsabilité en cas de dommages occasionnés par un robot. Le secteur automobile et ses véhicules autonomes est « celui qui a le plus besoin de règles européennes et internationales », soulignait l’eurodéputée belge Mady Delvaux

Dans le rapport adopté par la commission des affaires juridiques le 12 janvier, la notion de responsabilité sociale est également abordée, avec la proposition d’une taxe robot, un impôt ou une redevance sur l’utilisation ou l’entretien des robots dans le cadre du travail. Le Parlement devra se prononcer sur ces propositions en février. 

Des robots livreurs à Washington

L’enjeu se fait de plus en plus pressant. Depuis le 18 janvier, des robots s’activent pour livrer des repas dans les rues de Redwood City, en Californie, et à Washington. Pour l’instant assistés d’accompagnateurs humains, les robots développés par Starship Technologies, une start-up estonienne fondée par deux cofondateurs de Skype, devraient à terme se débrouiller en autonomie. Les robots livreurs ont été testés dans une quarantaine de villes européennes et Starship a annoncé une levée de fonds de 17,2 millions de dollars (près de 16 millions d’euros). 

Au-delà des robots, c’est l’intelligence artificielle (IA) qui va bouleverser notre modèle social, soulignait le 19 janvier Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo et spécialiste des nanotechnologies et biotechnologies, lors d’une table ronde sur l’IA au Sénat. « L’IA sans robot va faire exploser, imploser ou modifier radicalement certains aspects du travail », prédit-il, rappelant la suprématie des entreprises américaines dans la propriété de nos données.

Côté algorithme, c’est en France la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) qui a lancé ce lundi 23 janvier un vaste débat public « éthique et numérique » sur le sujet. Il devrait durer un an et aboutir à des propositions de politiques publiques. Ceux qui voudraient participer peuvent se rapprocher de la Cnil via ce formulaire