Le mariage arrangé de Scratch et Google

«What to Eat?», animation développée sur Scratch (capture écran). © Scratch

Scratch, le langage du MIT pour apprendre le code aux enfants, s’associe au grand (méchant) Google pour sa version 3.0 baptisée Scratch Blocks.

Officiellement, c’est un « mariage parfait ». Le programme sera réalisé conjointement par la Scratch Team et Blockly, la bibliothèque visuelle de Google, qui uniront leurs compétences. Il sera développé en open source pour permettre aux développeurs de 7 à 77 ans de contribuer à son évolution. Et, petite nouveauté, codé à la fois en grammaire verticale et horizontale (une technologie responsive design déjà présentée en version bêta).

Le mariage est-il intéressé ? Pour Google, c’est en tout cas l’occasion de marquer son empreinte dans la communauté des logiciels libres, en continuant à développer Blockly (accessible désormais en open source dans la librairie Android). Et pour Scratch, de faire basculer son programme dans une autre dimension. Le risque est grand pourtant de décevoir sa large communauté de 11 millions d’utilisateurs. C’est pourquoi l’équipe s’est fendue d’un message pour les codeurs sur le forum de la communauté Scratch : « Notre priorité dans tout ce que nous faisons, c’est la communauté Scratch. Nous pensons que notre collaboration avec Google renforce notre position pour mener notre plus importante mission : fournir un espace gratuit, convivial et créatif, où vous, membres de la communauté Scratch, pouvez imaginer, programmer et partager. »

Une stratégie de communication maligne, mais insuffisante ? Certains pirates du Net restent dubitatifs sur l’avenir de Scratch. Comme cet utilisateur, Chibi Motaran, qui exprime ses inquiétudes sur le forum : « Je suis un peu préoccupé par ce partenariat, car je n’adhère pas aux méthodes commerciales de Google, capables de violer les lois anti-trust. Quel sera le pouvoir de contrôle de Google sur Scratch ? »