VRmania aux Assises du journalisme

Pendant les Assises, la journaliste Amaelle Guiton prend la pose à côté des lanceurs d’alerte Edward Snowden, Julian Assange et Bradley Chelsea Manning. © Carine Claude

Tours, envoyée spéciale

Les médias n’y échappent pas. Entre défilé de patrons de presse et débats sur les lanceurs d’alerte, la réalité virtuelle s’est invitée en mode démo aux 9èmes Assises du journalisme, le grand raout annuel de la corporation, du 9 au 11 mars à Tours.

Car la VR est l’avenir de l’image. C’est en tout cas ce qu’affirme Barbara Chazelle, manager de projets à France Télévisions venue présenter The Enemy, une immersion permettant d’expérimenter un face-à-face entre deux combattants de conflits les plus disputés. Un documentaire en VR à la production internationale, au budget bien réel de 1,6 millions d’€ !

«The Enemy», documentaire de Karim Ben Khelifa (2015, présentation):

Fini le spectateur passif. Il s’agit désormais de le « télétransporter » pour lui faire vivre au plus près les reportages, renchérissent en chœur Raphaël Beaugrand d’Okio-Studio et Vincent Nguyen, présentateur de l’émission 360@ sur France 5, lors de l’atelier « Reportage à 360° et journalisme en réalité virtuelle ».

La promesse fera-t-elle long feu ? La profession ne jure que par les reportages immersifs et les tournages à 360°. Hier, les images filmées par drones étaient censées révolutionner les pratiques. L’emballement semble retomber doucement, comme en témoignent les intervenants de l’atelier « Drone : quelle valeur ajoutée pour l’info ? ». Pour Benjamin Turquier, responsable du pôle vidéo de L’Express, « il y a des effets de mode dans le journalisme : en 2013, c’était les drones, aujourd’hui, c’est au tour de la réalité virtuelle et du 360° ».  

Protection de la vie privée, interdiction de survol du public, pilotages hasardeux… L’usage des drones à des fins journalistiques tarde à se généraliser. Car même lorsqu’elles sont équipées, les rédactions réservent leur aéronef maison à des usages ponctuels, préférant s’adresser aux sociétés de production spécialisées, bordées niveau réglementation et sécurité. « Il y a une certaine irresponsabilité à utiliser un drone sans avoir une maîtrise totale de l’objet. La professionnalisation du pilotage est indispensable, ce serait une perte de temps colossale que de former chaque JRI à la pratique des drones », ajoute Benjamin Turquier, concluant que ce n’est pas parce les rédactions ont besoin deux fois par an d’images sous-marines qu’elles vont se mettre à embaucher des JRI plongeurs…

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