William Laboury, un esprit maker au festival du court métrage de Clermont


«Fais le mort», de William Laboury, primé au festival international du court métrage de Clermont. © DR

Exceptionnellement, deux films du même réalisateur, William Laboury, étaient en sélection au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand 2016 qui s’est achevé le 13 février. Encore plus exceptionnellement, ses deux courts ont été primés, à l’issue d’une 38ème édition toujours plus populaire (160 000 entrées, record d’affluence). Exceptionnellement encore, ledit William Laboury, fraîchement émoulu de la prestigieuse Fémis (l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son), est un rejeton de la net culture et du DiY qui dénote sur le reste des réalisations présentées dans les trois compétitions (nationale, internationale, labo) du plus grand festival du court en France.

Certes, les techniques mixtes (datamoshing, found footage, mash-up, animation 3D, scan 3D…) sont au rendez-vous, mais Fais le mort (sélection nationale, prix Canal +) était bien le seul film sélectionné de l’édition 2016 à mettre en scène une bande de joyeux makers (enfin, joyeux…) et leur imprimante 3D. Pour réaliser le film, William Laboury s’est aidé des compétences d’un maker qui a fabriqué le Patator (un lance-patates plus dangereux qu’il n’y paraît) et un Liberator, ce pistolet imprimé en 3D qui a fait les gros titres en 2013. « On a mis une vingtaine d’heures pour fabriquer le Liberator, sans le mécanisme dangereux », explique William Laboury.

«Fais le Mort», William Laboury (bande-annonce, 2015):

Dans Hotaru, prix spécial du jury Labo à Clermont, pas de maker mais un mélange de « caméras infrarouges, scan 3D et un datamoshing émouvant », ajoute-t-il. Le scénario, que les fans de Chris Marker – dont le jeune réalisateur fait partie – identifieront comme un mélange de La Jetée et de Level 5, met en scène une jeune femme hypermnésique qu’on envoie dans l’espace à la rencontre d’éventuels extra-terrestres et qui se perd dans les méandres de sa/notre mémoire.

«Hotaru», William Laboury (bande-annonce, 2015):

Makery se garde bien de se transformer en critique ciné, mais on ne s’avance guère en tablant sur le fait que William Laboury ne fait que commencer à faire parler de lui… On en veut pour preuve ce petit autoportrait en mashup qu’il a réalisé pour le festival du film de San Sebastian

«Hello», William Laboury, autoportrait en mashup (2015):

Et s’il a eu du mal à faire passer auprès de la Fémis son scénario SF, le succès en salle à Clermont et auprès du grand public de sa fiction ado Fais le mort lui ouvre de belles perspectives. Les Parisiens pourront découvrir ses deux films ce dimanche au Forum des images. 

Projection du palmarès de Clermont 2016, au Forum des Images, dimanche 21 février (15h30: Labo, 18h: International, 20h30: France)