Les sublimes insectes en 3D du Muséum de Berlin

On a rarement vu des insectes en aussi gros plan. Grâce à la campagne de numérisation 3D de ses collections d’entomologie, le Muséum d’histoire naturelle de Berlin met à disposition du grand public et des chercheurs une plateforme open source répertoriant des milliers de spécimens. Avec une précision de détail étonnante, chaque insecte est scanné sous toutes les coutures en très haute définition 3D avant d’être inventorié sur Zoosphere


Détail d’un coléoptère du Muséum de Berlin scanné en 3D haute définition. © Creative Commons 0

Selon la taille de l’insecte, jusqu’à 5 000 images peuvent être prises sous 100 angles différents. Compte-tenu du poids considérable des fichiers, l’équipe utilise un algorithme du même type que celui de Google Map pour charger seulement une portion de l’image à la fois et optimiser son affichage sur écran.

Et le tout est disponible sous licence Creative Commons domaine public. Une performance technique que pourraient leur envier nombre de musées d’art dont les collections sont certes disponibles, mais avec des restrictions d’usage et en basse définition.


Détail d’une fragile abeille collectée en 1875. © Creative Commons 0

D’après le New York Times, le Muséum d’histoire naturelle de Berlin conserve plus de 35 000 tiroirs contenant près de 15 millions de spécimens. 10 000 de ces tiroirs auraient déjà été scannés et documentés. Outre l’intérêt scientifique et le plaisir de découvrir la face cachée des insectes à 360°, cette base de données permet de préserver les spécimens des manipulations et de dresser un panorama de la diversité biologique à l’heure où l’extinction des espèces s’accélère. Concentrée pour le moment sur les insectes, l’initiative pourrait s’étendre aux plantes comme aux vertébrés ou aux collections de paléontologie.


La valse du coléoptère. © Creative Commons 0

Le Muséum de Berlin n’en est pas à son coup d’essai concernant l’utilisation de l’open source et de la 3D pour la conservation de ses collections. A une échelle autrement colossale, le musée s’était lancé l’année dernière dans le scan et l’impression 3D de fossiles de dinosaures et a organisé un colloque sur le thème des collections ouvertes (Open collection: Opportunities and possibilities of 3D digitalization for research and society).

Le site du Muséum d’histoire naturelle de Berlin et la plateforme Zoosphere