Fête de l’Huma, la possibilité du libre

La 80e Fête de l’Humanité, qui se tenait (sous la pluie) du 11 au 13 septembre à la Courneuve, a présenté le plus grand espace jamais dédié, de mémoire de militant, au logiciel libre et à la fabrication numérique, et ce, à l’entrée du bâtiment d’exposition (donc à l’abri de la pluie…). Yann Le Pollotec, responsable du numérique au parti communiste, est engagé depuis 2013 pour accorder une plus grande place au libre et ses acteurs au sein de la fête. Soit 300 m2 cette année. 

La Fête de l’Huma, une histoire d’amour avec la pluie. Et désormais avec les labs? © Nicolas Barrial

Logiciel libre, fabrication numérique, débats sur la défense des droits et libertés sur Internet comme sur la lutte des classes à l’heure des big data ont réuni hackers, makers et militants open source. Le tout financé en grande partie par une campagne de crowdfunding et la présence d’Orange (fablabs solidaires) – c’est dire l’implication relative de la Fête de l’Huma dans cette ouverture aux labs. 

Pendant trois jours, les exposants, parmi lesquels La Quadrature du Net, Mozilla, Creative Commons FranceUbuntu Paris, Framasoft, Bionico Hand, Open Edge… ont pu livrer un message commun auprès du public (plus nombreux cette année selon les organisateurs) de la Fête de l’Huma.

Le stand de la Quadrature du Net à la Fête de l’Huma 2015. © Nicolas Barrial

L’exposition des affiches proposée par l’association Les Ordis libres exprimait la filiation entre le monde du libre et les fablabs. La médiation scientifique des Petits débrouillards et la maker girl Andrea Erdos, qui décomplexe les femmes sur la bidouille maker côtoyaient ceux qui souffrent de la fracture numérique avec l’équipe Emmabuntüs, fière d’équiper le parc informatique d’Emmaüs en open source. 

Les Petits débrouillards, association de vulgarisation scientifique, à la Fête de l’Huma. © Nicolas Barrial

Au chapitre des labs (un peu court en l’absence inexpliquée de l’Electrolab), le Carrefour Numérique2 de la Cité des Sciences à Paris et le grand Lab Sud de Montpellier ont fait front commun. L’Ecodesign Fablab de Philippe Schiesser présentait un projet de fabcity à Montreuil. Un sujet qui a offert une tribune à Patrice Pessac, maire de Montreuil, qui voit dans les labs une nouvelle organisation du pouvoir. Yann le Pollotec tempère : « L’erreur serait de municipaliser les labs ; il faut les protéger, sans les tuer. »